jeudi, 28 août 2008

Gare de l'Est

Dans le train, les territoires de l'amour, je parlais de Christine Angot à Melisa, et je lus un sonnet de Michel-Ange: "Ce n'est pas toujours faute grave ni mortelle / que de brûler pour un prodige de beauté / si le coeur en est attendri de telle sorte / qu'un trait divin y puisse aisément pénétrer. / L'amour s'éveille: il dresse, il empenne ses ailes / et ne fait point obstacle au vol des passions vaines; / c'est le premier degré d'où, vers son Créateur / dont elle a toujours faim, l'âme prend son essor. / L'amour auquel je songe tend vers les hauteurs. / Mais tout autre est celui des femmes: un coeur sage / et viril ne doit pas se consumer pour elles. / L'un vous attire au Ciel et l'autre vers la Terre; l'un dans l'âme est logé, l'autre habite les sens / et décoche sa flèche à vil et bas objet."

Angot lit dans le train, je ne sais pas ce qu'elle lit. Bruno Beausire a lu Rendez-vous dans un train.

Gare de l'Est, Andrea voulait acheter un cadeau, Melisa encore étonnée qu'il y ait maintenant une galerie marchande à la Gare de l'Est, nous ne voyons pas les autres, disparus, sortis avant nous du TGV, sans doute d'une voiture plus proche du hall de la gare, et nous croisons Charlotte, et Charlotte me demande mon mail, Charlotte voulait m'envoyer mon texte sur Sig Sauer Pro pour que je n'aie pas à le retaper, je repense aux ours, aux Parisiens qui viennent voir les ours, dans une vallée, les ours qui se reproduisent, les ours qui enculent, et surtout il y a Andrea, je lui dis au revoir, je lui serre la main, et il sourit, et il s'avance, nous nous embrassons, et je ne lui aurai pas dit qu'il me plait, qu'il m'a plu, il le sait je crois, mais nous n'aurons rien dit, il doit être à Londres cette nuit, il sera serveur et il étudiera la dramaturgie, nous ne nous reverrons peut-être jamais.

Nous avançons, la ligne 5 est indiquée, je suis devant, et là, une affiche publicitaire pour Le Marché des amants, le marché littéraire, une photo de Nan Goldin en prime, différente de celle de la couverture. Je ne sais rien de la relation entre Christine Angot et Nan Goldin, j'aimerais voir toutes les photos, j'imagine qu'il y en a beaucoup. Il y a celles publiées dans Art Press, petits formats, noir et blanc et mauvaise définition. Je montre l'affiche à Melissa, étonnée, c'est étonnant, peut-être pas, et ce n'est pas si grave.

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