dimanche, 31 août 2008

Les satellites

Une auteur finlandaise disait "nous n'avons plus de dieux, nous avons des satellites".

Il faut que je garde cet espace, celui des satellites, de la communication aveugle, sauf pour vous qui me lisez et dont je sais que vous me lisez, il faut que je garde cet espace pour les notes quotidiennes, sans doute bientôt plus rares, moins régulières et moins longues.

Il y a deux ans, je supprimais mes deux blogs sur un coup de tête, perdant dans ce geste simple auquel vous invite le serveur chaque fois que vous vous y connectez, perdant de nombreux textes d'un clic de souris. Il subsistait du désastre une page d'au revoir dont je ne retrouve pas le lien. Le serveur a dû la supprimer définitivement après de longs mois d'inactivité, je ne sais.

Je garde cet espace comme l'antichambre de tout le reste, le laboratoire, la fabrique, le gueuloir aussi.

Je maintiens ce que j'écrivais dans mon premier blog, reprenant une phrase d'Asile de fous: "Je suis un homme verbal, quelqu'un d'imaginaire et variable". La citation exacte est: "Je suis une femme verbale, quelqu'un d'imaginaire et variable".

Il y avait aussi, dans les sous-titres, une phrase de Christine Angot: "Ecrire ce n'est pas une seule chose. Ecrire c'est tout. Dans la limite. Toujours. De la vie, de soi, du stylo, de la taille et du poids." Je dois avouer que je n'avais qu'un souvenir inexact de cette phrase, et que je viens de la retrouver, dans toute sa justesse, dans le mémoire de maîtrise d'un étudiant de Montréal. http://www.archipel.uqam.ca/787/01/M10062.pdf

Je retrouve aussi, au hasard de mes recherches googliennes, une interview d'Angot dans Le Matricule des anges en 1997. A la question de la dimension thérapeutique de l'écriture, elle répond: "Ca ne peut pas être thérapeutique". Et de citer Duras: "Ecrire, ça ne sauve de rien, ça apprend à écrire, c'est tout." Puis: "Les gens sont embêtés par ça. L'organisation sociale, c'est la tâche de l'homme, des êtres humains, c'est le lieu de la société. Alors quand tu leur dis que la littérature, ça ne sert à rien, ils sont emmerdés. La littérature n'a rien à faire de l'organisation sociale. Personne ne pense exactement comme quelqu'un d'autre. Il n'y a pas une respiration qui ressemble à une autre. Si elle parle sa langue, il n'y a pas une personne qui place ses virgules comme une autre."

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