mercredi, 10 septembre 2008

Charly

Fini Le Marché des amants. Bruno me parlait aujourd'hui d'une chronique littéraire, à la radio je crois. Le journaliste commentait la baisse des ventes du livre, et disait qu'au moins les critiques négatives contribuaient à ça. Je répondais que très peu de gens devaient être capables de lire Christine Angot. J'ai cette prétention là, de savoir lire ses livres. Celui-là, Le Marché des amants, je l'ai abandonné presque deux semaines. Lu les cent première pages d'une traite, le jour de la sortie. Puis il y a eu la Mousson, puis la rentrée. Puis la reprise de la lecture, d'abord assez lente, puis mouvementée et rapide, mêlée à cette histoire avortée avec Benoit.

Vers sept heures le samedi, je me mettais à la fenêtre, au bout de la rue je voyais sa silhouette qui s'avançait. Le haut du corps bougeait à peine, les épaules ne se balançaient pas, les bras non plus, ils restaient droits ou pliés les mains dans les poches les coudes collés au corps. Les jambes faisaient des grands pas, des grands ciseaux qui filaient sur le trottoir, vers l'avant et tout droit. Une démarche avec un but. Ce n'était pas chaloupé, pas nochalant. Mais tranchant et angulaire, comme s'il y avait un parcours direct. La silhouette, droite, maigre, les bras fixés aux hanches et les jambes en ciseaux, un bronze nerveux, des muscles bien arrimés, pas angoissé, tendu, Giacometti grandeur nature, pas de temps à perdre à des bêtises, la silhouette passait inaperçue, ce n'était pas un corps qui remplissait la rue, dans une pièce non plus il ne prenait pas tout le volume, ni toutes les ondes, il en laissait. De temps en temps, le bras, la jambe, ou la nuque, dansait quelque chose, un déhanchement inattendu, désarticulé. Ce n'était pas la souplesse du chat, les pattes du chat, plutôt le chien qu'on croyait domestiqué et qui dévie du chemin tracé tout d'un coup.

On dirait Xavier, c'est ça.

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