samedi, 20 septembre 2008
Sur les terres des autres
Tourné en rond ce matin dans Saint-Saulve. Un vieillard qui passait par là m'interpelle, il lève sa canne, il me dit qu'il faut jeter ça, en désignant ma cigarette, que je regarde, presque entièrement consumée. Il me raconte qu'il était payé en cigarettes à l'armée, il les gardait pour son père. Il part en me souhaitant une bonne journée. Clélie crie et court quand elle me voit. Je la prends sur mon dos, nous rions. Je vois sa nouvelle maison, je visiterai demain soir, du moins j'y suis invité, mais je ne sais pas. Homogenic dans la voiture. Pour All is full all love, Clélie me demande si c'est la chanson de Cendrillon, pensant à Chante, rossignol chante je suppose.
Jérôme veut que nous allions au Val Joly demain après-midi, entre frères. J'ai dit oui quand il m'en a parlé au téléphone il y a quelques jours parce que par principe je dis oui, mais finalement ce sera non. Je ne peux plus retourner là-bas. Ce n'est pas mon territoire. J'espère ne jamais avoir à y remettre les pieds. Quelle drôle d'idée aussi de me proposer d'aller au Val Joly. Il y a la chapelle de Sainte-Hiltrude non loin de là, lieu de mémoire familial, mais je n'ai pas envie de faire ce pélerinage.
Cet après-midi nous répétions les chants du mariage de Vincent chez ses parents. Il y avait Caroline, Isabelle, Vincent, Thomas, Nathalie, Sophie, Clotilde, et quelques autres. Fascination de Clélie, yeux grands ouverts pendant God bless you. En arrivant, elle montrait un bracelet en disant qu'il appartenait à sa mamie, et qu'elle est morte. Elle s'est éclipsée quelque temps avec son ancienne nounou dans le jardin, j'ignore ce qu'elles se sont dit. Là, elle regarde Peter Pan en anglais. François voulait la convaincre de programmer le dvd en français, mais elle a exigé l'anglais, et ça l'amuse beaucoup, depuis une heure, commentaires, onomatopées, mélodies fredonnées...
La répétition se termine par une chanson de Zazie que Caroline me fait écouter sur son téléphone portable. Je m'isole dans le jardin, je note les accords à la volée, puis nous commençons, Caroline place sa voix, je cale mes enchaînements d'accords. Je relis les paroles ce soir, je ne comprends pas qu'on chante ça pour un mariage, dans une église. Cette chanson, j'ai dû l'écouter souvent il y a quelques années, puisqu'elle date de 2001, et qu'A. achetait régulièrement les albums de Zazie. Je ne m'en souviens pas.
J'écris sur ce que j'endure
Les petites morts, sur les blessures
J'écris ma peur
Mon manque d'amour
J'écris du coeur
Mais c'est toujours
Sur ce que je n'ai pas pu dire
Pas pu vivre, pas su retenir
J'écris en vers
Et contre tous
C'est toujours l'enfer
Qui me pousse
A jeter l'encre sur le papier
La faute sur ceux qui m'ont laissée
Ecrire, c'est toujours reculer
L'instant où tout s'est écroulé
On n'écrit pas
Sur ce qu'on aime
Sur ce qui ne pose pas
Problème
Voilà pourquoi
Je n'écris pas
Sur toi
Rassure-toi
J'écris sur ce qui me blesse
La liste des forces qu'il me reste
Mes kilomètres de vies manquées
De mal en prose, de vers brisés
J'écris comme on miaule sous la lune
Dans la nuit, je trempe ma plume
J'écris l'abcès
J'écris l'absent
J'écris la pluie
Pas le beau temps
J'écris ce qui ne se dit pas
Sur les murs, j'écris sur les toits
Ecrire, c'est toujours revenir
A ceux qui nous ont fait partir
On n'écrit pas qu'on manque de rien
Qu'on est heureux, que tout va bien
Voilà pourquoi
Je n'écris pas
Sur toi
Rassure-toi
Le refrain n'a rien de rassurant. Le clavier de mon père est défaillant, certaines touches répondent mal. J'écris "famille" dans les tags de cette note, le "m" se dérobe, et je lis, sur l'écran: "faille".
Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : écriture, musique



Écrire un commentaire
NB : Les commentaires de ce blog sont modérés.