lundi, 03 novembre 2008
Sécrétions
Ce n'est même pas toucher le fond, je suppose que le fond c'est pire. C'est être bien bas quand même, les boutons sur la gueule, le pus qui affleure, un cratère sur la joue, une ligne de bataille au dessus des sourcils, mal aux yeux toute la journée, la fatigue, l'allergie aux produits détergents aussi, le ventre lourd parce que je mange trop, je mange mal, et ce soir une goutte de pus que je recueille sur un mouchoir au sortir de l'urètre, ça recommence, je l'avais senti depuis deux ou trois jours, des picotements, et aussi quelque chose d'oppressant, je ne sais pas si c'est les poumons, ça me fait penser à mon ulcère à l'oesophage il y a trois ans. Bruno me demande si je somatise. Je dis oui. Oui évidemment je somatise.
Renato me parle d'un blond dans un sms, il se demande s'il est beau ou pas, il écrit "j'hésite s'il est bien ou pas", je réponds "alors c'est qu'il l'est", je pense à Hervé, je dis mon "viking" en parlant de lui. J'ai vu Hervé trois fois, trois week-end de suite. Maintenant plus rien. La dernière fois, on a passé la nuit ensemble, je l'ai possédé. Plus rien, il dit qu'il est instable "sentimentalement", incapable de vivre une histoire de plus de deux semaines, s'excuse, s'excuse beaucoup, inutilement, dit qu'il ne veut pas me faire souffrir. Il écrit comme un garçon de dix-neuf ans et il croit qu'un mec de trente-trois ans est plus équilibré et mérite mieux.
Il va être dix heures, je vais me coucher, c'est ce que j'ai de mieux à faire. Je ne me branlerai pas parce que la nuit dernière ça m'a fait très mal au moment de l'éjaculation. Pourtant c'était bon, ça m'a pris comme ça au milieu de la nuit, c'est rare, c'était intense et bruyant, je pouvais j'étais seul dans l'appartement, mais à la fin quelque chose comme une lame qui glisse dans l'urètre en effleurant ses parois obscures.
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