lundi, 17 novembre 2008

Archanges

  

Un dimanche soir de novembre

Que je roulais sur l’autoroute

Entre chez mon père et Paris

Après un week-end en famille

Je m’arrêtai au bout d’une heure

Parce qu’une ère de repos

Indiquée sur un panneau blanc

M’invitait à faire une pause

A fumer une cigarette

Et guetter l’automobiliste

Qui comme moi s’arrêterait.

 

J’écoutais un atelier

De création radiophonique

Car c’était un dimanche soir

Il était plus de vingt-deux heures

Il faisait noir et il pleuvait.

Son titre était fait pour me plaire

C’était un Objet de désir

Qui s’interrompit nettement

Lorsque je coupai le contact

− C’était le récit d’une étreinte

Entre un jeune homme et un vieil homme

Le vieux voulait l’obscurité

Le jeune voulait la lumière

Jamais il ne fermait les yeux

Observant avecque dégoût

La peau du ventre détendue

Et le grand sexe dur et rouge

De l’homme à qui il se donnait.

 

Puis je sortis de l’habitacle

Protégé par ma longue écharpe

J’allumai une cigarette

Et des phares me signalèrent

L’arrivée peut-être d’un homme

Seul dans une grande voiture

Les cheveux blonds et de grands yeux

Qui attendraient mon abandon

Mais je resterais seul et droit

La cigarette entre les lèvres

A deux mètres de ma voiture

Et la main droite dans la poche.

 

Je le rejoignis aux toilettes

Car je savais ce qu’il voulait

Ses regards m’avaient rassuré.

Je me mis à côté de lui

Il eut l’ai un peu inquiet

− Comme un vacillement léger

A l’instant où l’on se demande

Si l’on s’expose à des caresses

Ou à des coups et des insultes −

Puis je sortis mon sexe mou

Que je commençai à branler

Quand un routier nous rejoignit

Et nous obligea à partir.

Le blond regagna sa voiture

Moi je restai debout dehors.

 

Il me suivit sur l’autoroute

Pendant quarante kilomètres

Jusqu’à l’ère de Bois d’Arcy

Où il baissa mon pantalon

Dans la lumière des néons.

Nous nous suçâmes plusieurs fois

Et puis nos langues se mêlèrent

Je lui demandai son prénom

Il demanda mon téléphone

Il dit s’appeler Gabriel

Il dit nous sommes des archanges

Je prétendis avoir perdu

Mon téléphone il répondit

Que cela ne m’empêchait pas

De lui donner mon numéro.

 

Il habite Aubervilliers

Ce n’est pas très loin de chez moi

Nous nous verrons un soir sans doute

Que son ami sera absent

− Il revenait du CHR

Car son frère de trente-huit ans

Qui avait perdu connaissance

Y était hospitalisé

Je ne compris pas les détails

Je lui dis salut bon courage

Il me dit ça va à bientôt.

 

Commentaires

Une ère de repos ? Une erre de repos ? Une air de repos ? Une aire de repos.

Écrit par : Herald Ruy | mercredi, 10 décembre 2008

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Comme toi, Héléna Villovitch a relevé la faute: "Il raconte en quelques phrases élégantes un voyage en voiture nocturne et solitaire. Le narrateur s'arrête sur une ère d'autoroute. Moi, j'aurais écrit aire bien sûr, mais je crois que le type a fait exprès". Ben même pas. Question d'inconscient et d'espace-temps sans doute.

Écrit par : Pierre | mercredi, 21 janvier 2009

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