samedi, 03 janvier 2009

Consolation-emballement

C'est beau comme tout s'emballe parfois, je titrais affirmation de soi dans une note récente, comme si je n'avais pas déjà affirmé tout ce que j'avais à dire, je laisse cette citation de Barthes, atopos, atopos, l'idée évidente, quelque chose qui tourne, quoi écrire après, la réaction d'Yves-Noël, la citation déposée là, évidente, la singularité des relations, pas des personnes, les liens, c'est beau cette anecdote d'Yves-Noël sur Duras et Barthes, ce monsieur qui ne comprenait rien aux femmes à part sa mère, qu'est-ce qu'il pouvait dire de l'amour, et là, amour, enfoui, oublié, amour répparaît, souvenir d'amour, souvenir de ce que je croyais être amour il y a deux ans, Xavier réapparaît, les messages s'enchaînent, on ne s'est pas parlé depuis un an!, là il lit, et je relis le portrait de Charly par Angot, qui me faisait tant penser à Xavier, la démarche, les angles, les jambes en ciseaux, le lien, à nouveau, mais jamais cassé, jamais complètement cassé, comment casser de toute façon, et les chaises de Herald, à nouveau, sur la toile, il reste au moins ce lien hypertexte, les chaises, toujours les chaises colorées et vides, les arbres nus, le sol comme sable fin d'hiver.

(J'essayais de consoler Renato ce matin, je ne suis pas sûr d'y arriver, je repense à Dagerman, lu chez Virginie dans la stupeur d'un mois d'août, parmi les chats et le soleil et le grand doute, notre besoin de consolation est impossible à rassasier!, mais les livres d'Estelle sur sa table de nuit, je soulevais l'introuvable interdit inouï Suicide, mode d'emploi et me forçais à lire à l'envers le titre d'un épais volume de Duras, si épais pour Duras que c'en était merveille, et je déchiffrais stupidement non pas Duras mais Dumas, et depuis je prononce stupidement Dumasse, c'était Les Trois mousquetaires, sans angoisse, et la télé fonctionnait enfin, la box comprenait tout, on voyait les feux d'artifice, les sourires dans les rues de Paris, puis les voitures brûlées, et je ne connaissais pas ce présentateur à la peau brune que j'aurais aimé croiser dans les couloirs du Dépôt.)

(Je relis un mot que nous avait laissé Virginie, Noël 2006, "Pierre et Xavier, j'avais plusieurs choses à vous dire/demander pour votre séjour: comme vous avez dû le remarquer il y a des travaux sur la façade (...) Pouvez-vous racheter des croquettes? (...) Profitez bien de l'appart', faites comme chez vous, bonnes vacances!")

(Dagerman, rapidement: "il n’existe pour moi qu’une seule consolation qui soit réelle, celle qui me dit que je suis un homme libre, un individu inviolable, un être souverain à l’intérieur de ses limites".)

(Je vérifie l'orthographe du mot "emballage", doutant s'il a une ou deux ailes, et Google me propose automatiquement dix équations:

emballer une fille (336 000 résultats)

emballer un mec (161 000 résultats)

emballer des cadeaux (2 790 000 résultats)

emballer une meuf (10 400 résultats)

emballage sous vide (423 000 résultats)

emballer c'est peser (305 000 résultats)

emballer définition (563 000 résultats)

emballer un colis (794 000 résultats)

emballer synonyme (73 700 résultats)

emballer un garçon (890 000 résultats) - où l'on retrouve Roland Barthes.)

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