mercredi, 07 janvier 2009
S'écrire c'est dire je suis et c'est moi qui maîtrise le récit où je me trouve
"Ne jamais filer doux, tisser son quotidien. Dire non, rester debout. Se réapproprier sa propre narration existentielle, utiliser la langue pour parer aux attaques rampantes et permanentes issues du Biopouvoir. Position verticale, riposte politique.
Pratiquer l'autofiction revient à dire: le roman de ma vie, je peux le transformer dès le prochain paragraphe, je peux le modifier et modifier le monde dans lequel je m'inscris. C'est à moi que revient la responsablilité du chapitre en cours.
Face à l'autofiction, le lecteur ne peut pas juste se divertir, il ne peut être détourné des préoccupations qui doivent rester pour lui les plus fondamentales. Même s'il s'identifie, il est en parallèle actif, invité à lui-même savoir où est son Je, comment il se positionne et comment il défend l'intégrité de son individualité dans une société qui sait en aplanir toutes les aspérités pour mieux la contrôler.
Autofiction collective. Qu'à l'instar de mon Je chacun s'écrive en marge de la fiction collective qui porte une majuscule et de toutes ses petites soeurs qui sont propres à chacun. S'écrire c'est dire je suis et c'est moi qui maîtrise le récit où je me trouve."
Chloé Delaume, S'écrire, mode d'emploi (Cerisy, colloque sur l'autofiction, 25 juillet 2008)



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