vendredi, 23 janvier 2009

Roman, papiers, couleurs

"Vous voyez et vous entendez des choses qui n'existent pas. vous avez des croyances erronées." On écrit ça sur les notices des boîtes de médicament. On discute à Jaurès, après avoir remonté le boulevard de la Villette. En même temps j'arrache un autocollant: "Ni patrie ni frontière / Liberté de circuler!". Je le mets dans mon sac. (C'est le même format que les petits papiers que j'ai scotchés sous mon étagère murale, format carte postale, petits papiers collectés dans l'exposition sur les futuristes à Paris au Centre Pompidou, avec des phrases tirées des manifestes, en gros caractères: "Le chef-d'oeuvre doit disparaître avec son auteur. L'immortalité en art est une infamie.", "Nous déclarons que la splendeur du monde s'est enrichie d'une beauté nouvelle: la beauté de la vitesse.", "Nous exigeons, pour dix ans, la suppression totale du nu en peinture!", "Nous voulons chanter l'amour du danger, l'habitude de l'énergie et de la témérité.", "La luxure, c'est la recherche charnelle de l'inconnu.")

(Relire la préface de Orion aveugle.)

J'imagine la scène, Yves-Noël dans le métro, ligne 2, plongé dans mon Perceval, levant la tête, et lisant le nom de la station, lettres capitales blanches sur fond bleu (mais je ne suis jamais passé par là): Courcelles, hasard objectif, la beauté et les gouttes de sang sur la neige, la blancheur d'Yves-Noël, amour d'hiver, la lumière douce au bord de la nuit, sortir des draps pour éteindre la bougie. (Et le vent hurlant au réveil, la lumière de huit heures, le jus de fruit avant de dévaler les six étages. Plus tard, distraction, dérive des pensées. Yves-Noël était au Voltigeur ce matin, il prenait un café, longuement, il prenait des notes, ses petits carnets alignés près du lit, des années d'écriture instantanée, et moi à quelques foulées de là, dans mon bureau.)

beaute_de_la_vitesse1.JPG

"Ce que je pourrais faire, c'est reprendre toutes mes notes, une par une, les imprimer, les couper, je veux dire les découper, sectionner, y mettre des couleurs, peindre peut-être, des couleurs par thèmes, séquences, personnages, je ne sais pas, des centaines de petits papiers, puis tout réorganiser, composer, relier malgré l'éclatement. Travailler, beaucoup. Quelque chose qui mêlerait les rideaux de papier d'Yves-Noël, les petits papiers futuristes, et la technique de Claude Simon pour la composition de La Route de Flandres. Qu'en penses-tu?"

Commentaires

je mange l'ananas... mais, toi, il faut que tu dormes ! oui, tu travailleras, bien sûr... je me demande juste comment tu trouveras le temps... mais on en reparlera...

Écrit par : le dispariteur | vendredi, 23 janvier 2009

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