vendredi, 30 janvier 2009

A découvert

« Très souvent, j’ai l’intuition que l’univers que ma machine et moi sommes en train de créer est plus réel que le monde extérieur. »

Hélèna Villovitch, Le Bonheur par le shopping


Non, ce n’est pas la panique, pas du tout, il n’y a pas de quoi. J’explique la situation : la semaine dernière, mercredi 21 janvier à neuf heures trente, mon téléphone portable sonne. C’est un numéro en zéro huit. Je ne sais pas exactement pourquoi, au lieu de poser mon téléphone, écran contre le plateau du bureau, comme je le fais habituellement en me disant que ce n’est vraiment pas le moment de me déranger, je décroche. C’est Madame Davignon. Je ne connais pas Madame Davignon. La voix est douce, compatissante. Je comprends mal les tenants et les aboutissants, mais il se trouve que j’ai dépassé mon découvert autorisé de trente-quatre euros et cinquante-sept centimes, j’entends "recouvrement", "procédure automatique", "fâcheux". Madame Davignon m’explique les conséquences pour les jours à venir : carte bleue annulée, interdiction d’utiliser mon chéquier, rendez-vous avec mon conseiller bancaire à Valenciennes la semaine prochaine. Bon, il reste quinze euros dans mon porte-monnaie. Ma première pensée va à mes cigarettes : comment je vais faire ? Je vais devoir poser une RTT pour me rendre au rendez-vous à la banque, et ce n’est pas le moment de lâcher du lest au travail, je croule sous les dossiers. D’accord, je n’ai pas signalé mon changement d’adresse alors que j’habite à Paris depuis plus d’un an, c’est sans doute une raison suffisante pour bénéficier de ce traitement particulier. Oui, je faxerai un justificatif de domicile dès que possible, mais là, je suis au bureau, et je dois partir dans quinze minutes au musée du Quai Branly où mon ministre va présenter ses vœux à l’ensemble de ma direction. Je précise pour le lecteur : je suis chef de section dans un obscur bureau d’une direction générale d’un ministère ; à ce titre, je me sens infiniment proche du grand poète portugais Pessoa. Enfin là, la situation me fait plutôt penser à Kafka. Disons que du moment que je traverse les petits accidents du quotidien dans la compagnie des livres, cette putain de vie est supportable.

J’obtiens de pouvoir retirer quarante euros dans une agence située à cinq minutes à pied de mon bureau, mais ma demande sera préalablement signalée par fax. J'évite de dire à mon interlocutrice, parce qu'elle me paraît bienveillante, que je trouve le procédé humiliant. Il faudra que je tienne au moins une semaine avec quarante euros en poche. Soit. Ce qui est ennuyeux, c’est que je vais devoir être radin alors que j’ai un amoureux depuis une semaine. Bon, il est très amoureux, alors il ne s’enfuit pas quand je lui parle de ma situation critique. Il m’invite même chez lui, c’est heureux. Mais il faut que je le ménage : il sort d'une relation hétérosexuelle. Ca fait au moins quinze ans qu'il vit avec des femmes. Autant dire que j'ai du pain sur la planche si je veux le garder, parce que concomitamment à toutes les preuves d'amour qu'il me manifeste, il entreprend de trouver une nouvelle femme. Ainsi, sur Facebook, il a écrit, à deux reprises, sur mon mur : "merci pour l'infini de cette nuit", et il claironne depuis quelques jours, sur son propre mur : "je cherche une femme d'un type nouveau". Evidemment certaines vont droit dans le mur, on les comprend. Il faut dire que sur la photo de son profil, où vous pouvez le voir en pleine action dans le studio d'une radio, entouré d'étonnants micros jaunes, il arbore une perruque du meilleur effet. Il faut sans doute être moi pour supporter ça.

Impossible donc de manger à l'extérieur. Trop cher. Du coup, je cuisine, je me dépasse, j’invente. Je fais une tarte au sucre fabuleuse. Des poireaux fondants. Une mixture de lentilles aux oignons et aux tomates pelées que je n’ose pas goûter et qui attend son heure dans mon congélateur.

Avec mon amoureux, on passe un week-end en amoureux, on mange peu parce qu’on fait beaucoup l’amour, et le reste du temps, on lit et on écrit. C’est indicible. Je précise : je m’appelle Paul Martin, je travaille dans un ministère, comme je l'ai déjà signalé, mais j’ai la prétention d’être écrivain. Actuellement, je me définis comme écrivain-blogueur parce que j’écris avec un certain acharnement sur le blog que vous êtes en train de lire. Je me suis trouvé un pseudonyme ravissant, Paul Curtis, à cause du nom de ma grand-mère paternelle, Courselle, qui vient du latin curtis. Mon vrai nom est bien trop commun, et je trouve amusant que Curtis, dans l'inconscient collectif perverti par la culture américaine, fasse davantage référence au cinéma hollywoodien qu'à la langue latine : je n'ai pas une agrégation de lettres pour rien. Ce qui m'amuse plus encore, c'est que Tony Curtis est le pseudonyme de Bernard Schwartz, et que Schwartz est le nom du grand-père maternel de Christine Angot, qu'elle attribue souvent à la narratrice de ses romans, en prétendant que l'auteure n'est pas la narratrice, que c'est une autre personne. Vous me suivez ? Bien, de toute façon, la chaîne de noms qui relie l'obscur Martin à la célèbre Angot, en passant par Courselle, Curtis et Schwartz, n'a sans doute d'intérêt que pour moi et mon imagination creuse. Qui plus est, Christine Angot déteste les blogs qui parlent d'elle. Tout au moins dans son dernier roman, sa narratrice, Christine Schwartz, est la cible de billets caustiques publiés sur le blog d'un journaliste dont elle est devenue la tête de turc, ce qui la met hors d'elle, au point qu'elle prend son lecteur à témoin en citant des pans entiers du blog mis en cause dans son roman. Vous me suivez toujours ? 

Quant à mon amoureux, il s’appelle Jean-Noël Godot, il est metteur en scène, comédien, danseur, performeur, et blogueur lui aussi, mais il ne s'est pas inventé de pseudonyme, et n'aime pas particulièrement Christine Angot. Ceci dit, il utilise les noms des autres avec délectation et raffinement, puisqu'il cite sans aucune retenue les noms d'amis, de comédiens ou de danseurs avec qui il travaille, ou de lecteurs de son blog qui lui envoient des mails. Quand l'occasion se présente, quand il y a assez de matière, quand c'est assez savoureux, il copie-colle des mails entiers. Rencontrer, ou ne serait-ce que croiser Jean-Noël, c'est donc s'exposer à la publicité ; lui écrire, c'est choisir d'être publié sauvagement. Par exemple, il va vous parler d'un garçon de café à qui il a demandé un deuxième café pour le draguer : "Quand je me suis levé pour lui demander un deuxième café, je l’ai regardé ostensiblement, au plus loin du fond de ses yeux que je pouvais. Il a gelé légèrement le fond de sa pupille. Ce fond de son intimité n’est pas pour moi." Dans le même billet, il vous emballe un thon en deux temps, trois mouvements : "D’autres gens se profilent dans le café. La porte s’ouvre. J’ai fait du yoga sur la plage et dans la jungle, raconte la grande bringue, belle, mais trop vulgaire pour moi, il faudrait l’enculer – et surtout lui attacher ses grands membres, l’araignée. De visage, elle est pas mal. La gifler, lui faire venir les larmes. Elle doit être sèche." Vous me croirez ou pas, je n'invente rien, c'est écrit comme ça. Alors après, si votre potentiel futur patron vous googlise et tombe là-dessus, évidemment, ça peut vous anéantir un CV. 

Jean-Noël parle souvent de son meilleur spectacle, Monsieur Villovitch, créé à l'époque où il partageait la vie de l'écrivaine Hélèna Villovitch, qui est le pseudonyme d'Hélène Villeneuve. C'est elle qu'il vient de quitter pour moi, mais je n'ai pas la prétention qu'il crée un jour un spectacle intitulé Monsieur Curtis. Si vous me suivez encore, vous avez passé le plus difficile. Pour revenir à cette activité qui nous prend beaucoup de temps, le blogging, ou blogage, je dois dire qu'elle est pour beaucoup dans notre rencontre ; d'ailleurs nous ne pouvons nous empêcher de faire des liens hypertextes d'un blog à l'autre, comme vous pouvez le constater dans la présente nouvelle. A ma grande fierté, Jean-Noël a fréquenté, dans les années quatre-vingts, des gens très intéressants comme Marguerite Duras, Claude Régy et quelques autres, et pratique la danse classique deux fois par semaine dans les mêmes cours qu’une célèbre présentatrice blonde de journal télévisé. Tout cela ne change rien à mes problèmes d’argent.

De retour au bureau, lundi, j’expose ma situation financière à un collègue à qui je confie habituellement toutes mes histoires, surtout les plus glauques. Sa situation est pire que la mienne. Alors nous noyons notre chagrin dans des gobelets de thé artificiel à trente-cinq centimes, tant qu’il nous reste des pièces jaunes.

Mardi. Il me reste un peu plus de huit euros. Mon porte-monnaie est mince : au moins il ne produit plus ce relief disgracieux au torse, sur le côté gauche, au niveau de la poche intérieure de mon manteau, acheté aux soldes d’hiver à moins quarante pour cent dans une boutique chic du Marais. Quant à la poche intérieure droite, elle est maintenant occupée par un paquet de tabac à rouler qui me fait faire des économies substantielles et jaunit l’index et le majeur de ma main gauche qui à chaque bouffée sont brûlés par la fumée que j’aspire. Il faudra donc que j’achète de l’eau de javel, qui seule pourra de temps à autre blanchir mes doigts.

Mercredi midi je consulte mes comptes sur internet : j’ai été payé, mon compte est créditeur de trois mille sept cent seize euros et vingt-deux centimes. J’appelle Madame Davignon, qui m’autorise à retirer deux-cent cinquante euros. Je vais à la banque à midi, je glisse les coupures dans la poche intérieure gauche de mon manteau, ayant laissé mon porte-monnaie presque vide au bureau : j'ai nettement l'impression de retrouver ma dignité perdue. L’après-midi, je réserve deux places au théâtre de l’Odéon. Des strapontins, moins chers. Le soir mon amoureux vient me chercher au ministère. Il porte une veste Dior noire aux bords blancs, et un jean slim noir de la même marque qui tombe négligemment dans d’énormes baskets Adidas. La grande classe. Il m’emmène au théâtre par des rues que je ne connais pas, nous courons, il fait très froid. Sur place, un de ses amis qui travaille aux relations publiques du théâtre et qui, comme me le précise Jean-Noël, est homosexuel, nous propose la loge présidentielle, qui n’est pas réservée. Au prix de strapontins, c’est un plaisir dont nous profitons joyeusement en nous embrassant goulument et en nous adonnant à des pratiques dignes d’un dernier rang de salle de cinéma.

Mais dans la nuit ça commence à déraper entre nous. Nous sortons du théâtre, les employés hissent une banderole "théâtre en grève" au sommet de la façade, nous décidons de rentrer chez nous en vélib’, pensant que les métros ne circulent déjà plus, comme à chaque veille de grève à partir de vingt heures. Jean-Noël me demande de lui prêter mon écharpe et mon manteau car sa jolie veste et sa chemise fine ne sont pas appropriées à la rigueur de la nuit glaciale. Je ne cède pas malgré ses sourires ; je lui propose bien une deuxième paire de gants qui traîne au fond de mon sac, mais il n’en veut pas, à cause de ses grosses bagues qu’il lui faudrait ôter et qu’il préfère, par élégance, faire briller à la lumière des éclairages urbains. Nous nous séparons un peu après la gare de l’Est, je dois le rejoindre dans la nuit, après être repassé chez moi : il faut que je me change pour le lendemain, et surtout que je prépare mon vélo pliant, qui me dépanne les jours de grève. Ce n’est pas une mince affaire que d’extraire mon petit vélo du local à vélos, véritable bric-à-brac où sont accumulés, dans une espèce de nœud inextricable, vélos, poussettes et trottinettes. En empilant quelques vélos au fond du local, je parviens à dégager le mien, et comme je m’en doutais, je constate que les pneus sont presque à plat. Je les regonfle, il me faut aussi redresser certaines pièces métalliques qui ont souffert de la maltraitance de voisins peu soigneux qui l’ont sans doute bousculé sans remords afin de dégager de la place pour leur propre monture. Je me douche, m’habille, fume une cigarette, puis m’apprête à partir. J’envoie un sms à Jean-Noël, qui commence à s’impatienter. Mais au moment de partir, je ne trouve pas la clé de l’antivol qui bloque la roue arrière de mon vélo. Je fouille dans les boîtes à chaussures où j’ai l’habitude de stocker tout ce que dont je n’ai pas besoin dans l’immédiat mais je ne trouve pas. Je me rends à l’évidence : je ne pourrai pas utiliser mon vélo, que je porte, puisqu’il ne peut pas rouler, jusqu’au milieu de ma chambre. On dirait un ready-made.

Il me reste le vélib’. Dépité, j’appelle Jean-Noël, qui m’indique la station de vélib’ la plus proche de chez lui. A une heure je suis posté devant sa porte d’entrée, après avoir monté six étages à pied. Il me reçoit dans une magnifique robe de chambre, je lui raconte mes déboires en détail.

Lui : Mais tu n’as qu’à faire grève demain !
Moi : Mais je ne peux pas, qu’est-ce que tu crois ? Le problème, c’est que je ne trouverai sans doute pas de vélo demain matin, ils seront tous déjà pris, et je devrai aller au travail à pied.
Lui : Oh, ça te prendra trois quarts d’heure tout au plus.

Puis on parle plus légèrement : il me raconte ses spectacles, des comédiens qui font les cent pas sur un plateau, nus, hissés sur des talons aiguilles. Je ne sais plus comment, mais la conversation dérive.

Lui : Les asiatiques et leurs petites bites…
Moi : Ah, ça me fait penser à ce Chinois qui voulait me donner la fessée et qui a saisi le premier livre qui lui est tombé sous la main à côté de mon lit pour retarder son éjaculation : il s’est concentré sur les Vies minuscules de Pierre Michon, qu’il lisait à voix haute ! Bon, les asiatiques… Mais tu sais, certains blacks… C’est pas toujours ce qu’on croit.
Lui : Ah bon ? C’est un mythe qui s’effondre.
J’explique comment j’ai plaqué contre un mur un petit black aux attributs modestes.
Moi : En revanche, j’ai rencontré la plus grosse bite de Paris, un prof de maths blanc comme un cachet d’aspirine, et à mon grand étonnement, elle est rentrée sans problème !
Lui : Mais tu me dégoûtes ! C’est même pas sur ton blog ça ?
Moi : Qu’est-ce que tu crois, je ne raconte pas tout. Et en plus le monsieur me portait tout en me donnant des coups de reins.
Lui : Tu me dégoûtes avec tes saloperies.

Le lendemain je sors des draps discrètement et quitte l’appartement sans un mot. Je ne suis pas dupe, je me doute que Jean-Noël fait semblant de dormir. Bizarrement, je trouve un vélib’. Je longe la ligne 2 dans sa partie aérienne, et je me fais doubler par un métro. Il y a donc des métros ? J’arrive essoufflé au bureau, tous mes collègues sont déjà là et ne comprennent pas pourquoi je suis venu en vélo : il n’y a quasiment aucune perturbation dans les transports en commun. J’ai une pensée pour mon vélo pliant dans ma chambre.

Vendredi je suis à Valenciennes. Jour J. Prêt pour le rendez-vous avec mon conseiller bancaire, le porte-monnaie gonflé de pièces jaunes faute de pouvoir utiliser ma carte bleue et mon chéquier. Je me poudre suffisamment pour faire parler les curieux, je mets mes lunettes Hugo Boss pour me protéger du soleil, et je prends mon sac à main Stéphane Verdino pour frimer un peu plus encore. Mon conseiller est fort aimable, il me consacre une heure trente. Il envoie un courriel à Madame Davignon, je lui fais remarquer que je travaille sur le même type d’intranet que lui, ça crée une connivence. Quand Madame Davignon lui répond, il peut enfin l’appeler, car son numéro de téléphone direct apparaît dans sa signature automatique. Il précise que Monsieur Martin n’a jamais causé aucun problème, s’étonne de la procédure mise en place, et m’obtient des conditions satisfaisantes : nouvelle carte bleue, augmentation de mon découvert autorisé, livret A, assurance vie.

J’aurais voulu terminer cette nouvelle en racontant comment mon conseiller m’a proposé un contrat appelé contrat de reconnaissance, mais je dirai ce qui s’est vraiment passé : en attendant qu’il me reçoive dans son bureau, j’ai recopié sur mon carnet les phrases rassurantes, étalées en lettres bleues sur un fond gris perle, qui poussent un client à aimer sa banque. Parce qu’un client reconnu est un client heureux, LCV invente le contrat de reconnaissance LCV. Reconnaissance de votre fidélité. Reconnaissance de votre différence. Reconnaissance de votre mode de vie. Reconnaissance de votre exigence. Engagement citoyen.

Je sors ému. Ma première résolution est de ne pas faire les soldes valenciennoises, qui piquent pourtant ma curiosité. La vitrine de la boutique Benetton est bien attrayante, mais la fenêtre du bureau de mon conseiller se trouve juste en face. Je précise que mon agence bancaire à déménagé il y a quelques mois, et qu’avant je ne me gênais pas pour faire chauffer ma carte bleue chez Benetton. Plus sagement, je vais au rayon art et culture de la Fnac, j’achète Le Bonheur de Denis Robert, L’Argent d’Émile Zola, La Paix d’Aristophane, Le Rire d’Henri Bergson et De l’Amour de Stendhal. Pour acquérir ces trésors inestimables, je ne débourse que vingt-sept euros et quatre-vingt-six centimes, et je parviens même à donner le compte juste. Il est à noter que si j’avais acheté L’Ennui et Le Mépris d’Alberto Moravia, La Douleur de Marguerite Duras, Notre besoin de consolation est impossible à rassasier de Stig Dagerman et Le Mal de ventre du professeur Jacques Roger, j’aurais payé trente-deux euros et dix-huit centimes.

Par honnêteté intellectuelle, je précise que j’ai commis un petit larcin, comme on disait à l'époque de Boileau, en empruntant la fin du paragraphe précédent à un recueil de nouvelles d'Hélèna Villovitch, Le Bonheur par le shopping, que m'a prêté Jean-Noël. C'est à la page cinquante-trois.

Avant de publier cette nouvelle sur mon blog, je consulte le blog de Jean-Noël, qui semble me parler, malgré notre différend, en des termes assez clairs : "Ma queue que tu vas fabriquer à tes désirs (je l’espère)… Comme on a le projet de faire un bout de chemin ensemble, ma queue, tu vas la fabriquer, ce n’est certes pas la même queue, déjà, que celle que j’utilisais avec Hélèna, ça non ! Mais c’est pas fini, la reformation du désir… Tu vas me la modeler, ma queue, tu vas me la sculpter… Un nouveau corps, encore… Une queue sans con (séquences), mais qui va servir, quand même, va être bien utile, je crois, quand même, pour assurer l’agrippement que tu aimes, la manière que tu aimes… Mon amour, on s’accroche. On s’approche tellement qu’on s’accroche. Il y a un naturel… Pas aller contre… Pas mépriser l’homosexualité, la tranquillité de l’homosexualité. La calme homosexualité, la liquide, la limpide homosexualité…" Il me reste à peu près cent cinquante euros pour rentrer en voiture à Paris et faire la fête avec Jean-Noël : décongeler mes lentilles, faire la grasse matinée demain, puis l’amour au milieu de mes nouveaux livres.

Commentaires

ah oui, justement, en Vélib' tout à l'heure, je suis tombé sur l'affiche d'une nouvelle pièce (que je n'aurais pas remarquée il y a quelques temps) : "Panique au ministère".

Ecrit par : le dispariteur | samedi, 31 janvier 2009

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Je sors ravi de ma (cette) lecture. Je m'ennuyais, me voilà en retard.

Ecrit par : Lucien | mardi, 10 février 2009

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