dimanche, 08 février 2009

Le gâteau humain

Après l'opéra, nous nous promenons rive gauche. Il y a la pleine lune et des écrans plats à Notre-Dame, où platement les fidèles contemplent le garçon qui lit en toge immaculée le Livre de Job d'une voix désolée et comme pour lui même: "la vie est une corvée, un lac de souffrance, je suis envahi de cauchemars". A Saint-Etienne-du-Mont, c'est une autre comédie, l'office n'est pas ostentatoire, on est mondain et recueilli, le prêtre chante et parle juste: "Seigneur, donne à chacun la claire vision de ce qu'il doit faire". Comme le japonais est fermé, nous retraversons la Seine, nous nous embrassons sur le Pont Saint-Louis car un accordéoniste joue une ritournelle d'Amélie Poulain. Paul Claudel note que la façade est une exhibition, que l'église, recueillie sur son principe intérieur, profondément engagée dans le gâteau humain, ne peut faire montrance que de ses portes.

 

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