dimanche, 08 mars 2009

Quand le soleil lave sa tête blonde en l'océan

Ce midi on allait au marché, je vérifiais que ma voiture était intacte, j'avais eu peur de la laisser dans la nuit, mais ça allait, je faisais le tour pendant qu'Yves-Noël appelait un ami. Beaucoup de légumes, poireaux, chou vert, tomates, champignons rosés, potiron, "on dit du coriandre ou de la coriandre?", quelqu'un répondait "pour autant que je sache, les deux sont tolérés", "vous êtes prof?", "en effet". On prenait un café rue de l'Olive, alors je repensais au recueil de Du Bellay, et nous lisions le Journal du Dimanche qui devisait sur les talons aiguilles de Rachida Dati. (Il y avait aussi un curieux article sur la condition masculine, malaise, frontières des genres qui disparaissent, et pourquoi pas une journée de l'homme, lisait-on.)

Quand le soleil lave sa tête blonde
En l'Océan, l'humide, et noire nuit,
Un coi sommeil, un doux repos sans bruit
Epend en l'air, sur la terre, et sous l'onde.
 
Mais ce repos, qui soulage le monde
De ses travaux, est ce qui plus me nuit,
Et d'astres lors si grand nombre ne luit,
Que j'ai d'ennuis, et d'angoisse profonde.
 
Tant que le ciel de rougeur se colore,
Ce que je puis de plaisir concevoir,
Semble renaître avec la belle Aurore.
 
Mais qui me fait tant de bien recevoir?
Le doux espoir, que j'ai de bientôt voir
L'autre soleil, qui la terre décore.

Joachim Du Bellay, L'Olive (1550)

 

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