dimanche, 15 mars 2009
Anatomie du verbe
Blocs de textes collés, chapitres tronqués d'un roman inabouti, Sonatine, à l'époque où je cherchais ma langue, il y a trois ans, quatre ans, la syntaxe m'occupait beaucoup déjà, et la famille, le tissu, les chaînes, l'inconscient familial, les touches du clavier des souvenirs, la mémoire des doigts, l'erreur errance errement, "ne pas devenir un anatomiste du verbe" disait Cioran, et ces images tombales chères à Cioran et au Du Bellay du Songe, belles "ténèbres vertes", peut-être cette extraction parce que Père m'a détaillé le devis pour le nettoyage du monument de Mère, soixante-dix euros contre les effets du temps, la dalle verdissante, Mère aimait les tapis de mousse dans la forêt, le mont des ermites en est garni, le mont des ermites, au sommet j'y jetais mon alliance, comme dans l'obsurantisme médiéval dont les arbres silencieux portent la mémoire, alors sans doute la mousse recouvre mon alliance, sorte de paix végétale où l'or a rejoint la nature.
Moi entre les deux, Mère, Fille, la seconde pleure la mort de la première, "je pleure parce que mamie Cécile elle est morte", moi je n'ai pas choisi que leurs prénoms soient si proches, anagrammes presque, Clélie, Cécile, les sanglots imprévisibles, peur profonde, amour aveugle, lien enfoui, les souvenirs ne parviennent pas à affleurer, alors comme une rage et les larmes de la perte, conscience de la mort déjà. (J'observe le sommeil agité, jambes en mouvement, énergie brute.)
Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : littérature, écriture, poésie, journal intime, mort
Commentaires
Le site mythique d'Andy Vérol a changé. Il va enfin t'exploser ta tronche, ici:
http://andy-verol.blogg.org
Écrit par : Andy Vérol | lundi, 16 mars 2009
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