mercredi, 25 mars 2009

Roman du roman

"La prose romanesque touche à l'intense quand la distance entre l'objet et l'auteur − donc le lecteur − diminue au point de donner l'illusion merveilleuse de s'annuler."

"Transformation d'une énergie en une réalité: premier effort vers le style."

"Ces moments où l'auteur parvient sans effort apparent à s'effacer derrière le monde qui s'impose à nous, semble-t-il, comme à lui, suffisent à accréditer les autres corps de l'oeuvre que la présence de l'auteur imprègne. Je les verrais moins comme des efforts vers le style que comme un transport de la description dans le décrit qui signifie que, pendant un instant, le démiurge a réussi son oeuvre au point que l'on est fondé à douter de son existence, comme on douterait de celle de Dieu. En Grèce, le mot métaphore se lit sur les camions de transport. Les métaphores de la prose consistent à transporter les mots dans les choses où ils se dissolvent; elles trament la neutre et secrète poésie du roman. Et celui-ci en tire le crédit dont il a besoin pour respirer."

"Le mot dans le poème est à la fois matériau et architecture. Valéry avait raison de noter que le sort d'un roman ne dépend pas d'un mot contrairement à celui d'un poème; il exagérait peut-être un tout petit peu mais sa formule marque une différence de nature entre la poésie et le roman."

"En abandonnant le pouvoir aux mots je renonçais à tirer parti des émotions qui avaient été à l'origine de mon désir d'écrire; je leur substituais de nouvelles émotions qui étaient verbales."

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