mercredi, 29 avril 2009
Mélodie pour Kate (comme un corps entièrement corps)
On avait discuté avec un marchand ambulant qui nous avait abordés peu après minuit, la Tour Eiffel avait scintillé quelques minutes, il parlait espagnol avec Yvonnick, il était presque embauché pour le spectacle, et nous disait au revoir en nous donnant des porte-clés-Tour-Eiffel, toujours les mêmes. Puis dans le métro on lisait au hasard les Poèmes de Wallace Stevens, je collais la première strophe de "A weak mind in the Mountains" sur une mélodie que j'avais trouvée dans la soirée. "There was the butcher's hand. / He squeezed it and the blood / Spurted from between the fingers / And fell to the floor. / And then the body fell." J'entendais la voix de Kate, mais il faudrait rassembler les quelques morceaux pour l'heure épars, désaccordés, de la chanson à venir, et peut-être choisir un autre texte, par exemple "Man Carrying Thing": "The poem must resist the intelligence / Almost successfully, etc.", ou chanter que la mer n'est pas un masque, ni elle non plus, chanter au-delà du génie de la mer, l'eau jamais formée à l'esprit ou la voix, comme un corps entièrement corps, etc. "She sang beyond the genius of the sea. The water never formed to mind or voice, Like a body wholly body, fluttering / Its empty sleeves; and yet its mimic motion / Made constant crying, caused constantly a cry, / That was not ours although we understood, / Inhuman, of the veritable ocean."


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