mardi, 11 août 2009

Lève-toi vers toi-même, et va vers toi-même

A la hauteur du front, les gouttes abondent, et la foule moite: un jeune homme lisait le Cantique de Salomon dans le métro de dix-neuf heures. Je m'étais assis à côté de lui sur un strapontin et penchais la tête vers son livre aux écritures minutieuses et érotiques. Pour le protéger, un étui en cuir noir: une fermeture éclair pour l'oublier. De retour chez moi j'interroge un moteur de recherche et je lis irrégulièrement comme on erre à l'écran: "la voix de mon amant, le voici, il vient, il bondit sur les monts, il saute sur les collines, il ressemble, mon amant, à la gazelle ou au faon des chevreuils". La chaleur me surveille, le mal de tête disparu, et la naïveté d'une métaphore: "je désirais son ombre, j'y habite, son fruit est doux à mon palais".

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