dimanche, 13 septembre 2009

Description de sentiments inexplicables

Voilà donc comment se passe une journée: comme je me promène de bon matin je m'arrête où dans un coffre bancal un vieux poète qui pue la pisse vend des vieux livres de poésie et je lui achète le Journal de Kafka, si abandonné de moi-même, de tout - je remarque un collier de petites boules d'or sur un cou bruni tandis que le poète essaie de me rendre la monnaie. Au musée  je regarde des danseuses nues qui se caressent avec des volailles dégoûtantes: plus tard je m'arrête devant un torse aux côtes noircies, homme décapité par une femme peintre, morceaux de chair à la surface épaisse de la toile. Le soir je m'ennuie tellement que je vais trois fois dans la salle de bains pour me laver les mains. Ou je vois un film sans musique, héros analphabète qui apprend à dissimuler dans sa bouche une lame de rasoir sans se couper. Ou je vais dans un bar branché aux murs tapissés de messages pitoyables sur les congés payés des ouvriers. Ou je sombre avec l'Etoile qui passait par là, vêtue de bleu, conversations des passants à ma fenêtre de rez-de-chaussée, étreinte au volet presque fermé.

Commentaires

oh darling, je reviens vite... (mais c'est tres beau !) tu as le bonjour de Kate

Écrit par : le dispariteur | lundi, 14 septembre 2009

T'es gentil, toujours...

Oui, reviens vite!

J'ai pris dans le Journal de Kafka ce qu'il y a de plus simple: "voilà donc comment se passe une journée", "si abandonné de moi-même, de tout", "un collier de petites boules d'or sur un cou bruni", "je m'ennuie tellement que je vais trois fois dans la salle de bain pour me laver les mains"... je ne me suis pas lavé les mains trois fois mais c'est tout comme...

Écrit par : Pierre | lundi, 14 septembre 2009

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