vendredi, 25 septembre 2009

L'avenant au contrat

Absence de l'île

"Ils" nous feront honte
Une parade pire
Le liquide du luxe entre les larmes
La grâce du soleil et la joie
Et que les nuages de la couleur...

Et tout d'un coup j'ai trouvé ma nourriture dans le panier de pêche de Chardin... Protégée derrière une vitre malheureusement verte. Mais néanmoins les pêches sont là, incroyablement, les pêches! Et puis le visage de la raie, sang rouge, nerfs bleus, muscles blancs. Les huîtres avec presque rien...

Ces paysans de fantaisie...
Son pantalon est trop court, ses manches sont trop longues et forment assez exactement comme la peau d'un Shar-Peï
Léandre et sa crête de coq
L'œil de l'âne

La mer dans le ciel

Œuvres vues
La Cathédrale de Chartres et ensuite la même lumière (bien que ce soit midi)

Un sexe à pile
Une matrice du nu féminin
Venise tel un navire de marbre

Yves-Noël Genod

2 Comments:

Pierre Courcelle said...
Soudain j'ai lu "absence d'il"...
Je t'aime

Yves-Noël Genod, le dispariteur said...
C'est gentil. C'est voulu. Mais qu'est-ce que tu prends comme énergie! Comme au bon vieux temps (aux meilleurs jours), je ne fais rien de la journée que... faire résonner la journée dans sa disponibilité à ton amour... Te faire plaisir, que tu sentes que "ça" résonne. Demain ou samedi, je vais écrire un avenant au contrat que tu connais, pour que tu sois tranquille. Je vais re-signer pour un amour de trente ans qui te laisses la possibilité d'aller baiser où tu veux avec qui tu veux et de le raconter et qui sait? bien sûr, il ne s'agit pas de baiser mais de tomber amoureux... avec qui tu veux. Amours multiples et transparence comme dans le futur! La contrepartie? Aucune sauf - tu devras signer - l'assurance que tu ne détruises pas le blog (le tien), Je ne vois que cette solution... C'est bien parce qu'il est tard que je m'adresse ainsi à toi en tout petit dans un commentaire qui sera peut-être lu par d'autres gens, mais qui, ceux-là, doivent dormir à l'heure actuelle... Le jardin secret est dans la nuit avec les plantes, les animaux, les insectes, les ruisseaux d'eau, le vent, l'air, etc., les cailloux, les trucs comme ça... Au fait, j'ai retrouvé le titre de l'article disparu resté en mémoire sur mon iphone, le titre, malheureusement pas le texte: "Incognito. Dieppe, 26 quai Duquesne", l'article sacrifié... J'en profite pour dire: ton blog est plus important que notre amour, sans commune mesure. Et c'est sûrement une bonne nouvelle que tu te sois remis à aller à la rencontre des rencontres à décrire...

Source: Yves-Noël Genod, Le Dispariteur

Commentaires

si vous le voulez, le texte :

dimanche, 30 août 2009
Incognito, Dieppe, 26 quai Duquesne

Ivan m'a laissé son adresse et son numéro de téléphone fixe. Il habite à Eu. Ce nom m'a toujours étonné. Ivan n'a ni téléphone portable ni ordinateur. Je séchais mes cheveux et il écrivait sur mon bloc-notes.

Son grand-père russe est arrivé en France après la première guerre mondiale. Toute sa famille habite à Eu. Il a failli se marier en 1974, n'a jamais vécu en couple par la suite, a été effrayé par l'épidémie de sida, m'avoue simplement qu'il souffre de la solitude.

Une fois, il a observé un jeune homme qui suçait tout le monde dans le hammam.

- C'est quoi ton fantasme?
- Je ne sais pas...
- Moi c'est de voir un mec en slip blanc. Je t'ai repéré tout de suite quand tu es arrivé. Je t'ai regardé, j'en ai profité. Ton slip était noir, mais c'était très bien quand même.
- Ce slip, c'est un slip de rien.

On parle du prix des slips.

Il y a aussi Christophe, un ttbm qui ne reste qu'une vingtaine de minutes. Il raconte qu'il a eu trois copines en trois ans, qu'il ne s'en sort pas avec les filles, qu'elle sont chiantes. Il avait acheté une maison avec sa dernière copine. Ils l'ont revendue à cause de la séparation, ont fait une belle plus-value. Depuis, il a fait construire une maison, sa maison, comme ça il ne dépendra de personne. Il n'envisage ni le mariage, ni une vie de couple avec un homme.

Ivan collectionne les antiquités. Il est venu souvent à Paris pour visiter les musées. L'exposition Véronèse, que je n'ai pas vue. Dans les saunas, il se contentait de regarder. Il allait dans le quinzième arrondissement. La faune parisienne, dit-il, les homos qui font la gueule, le sexe non protégé.

Il précise qu'il est cultivé, me parle du théâtre élisabéthain, de Marlowe. Il aime aussi les Ballets russes et les opéras. Il est abonné à la revue Danser: je lui parle de l'article sur Yves-Noël dans le numéro de janvier.

Il ne vient plus à Paris: la dame chez qui il logeait ne peut plus le recevoir.

Quand il s'est retrouvé au chômage, ses amis se sont éloignés.

- Quand on est trop gentil on se fait avoir.
- Je sais, ça.

Il part en vacances la semaine prochaine, pour deux mois, dans sa maison près de Saint-Tropez.

Il insiste pour que je vienne chez lui, en tout bien tout honneur. Je réponds que je n'ai pas envie de planifier mon week-end parce que pour une fois, c'est tellement rare, je ne suis pas obligé de m'organiser.

A mon tour je lui fais une proposition: je lui parle de mes projets d'écriture, lui dis que ce sera pour dans deux mois ou plus.

13:59 Publié dans Rencontres | Lien permanent | Commentaires (0)

Écrit par : vé | dimanche, 27 septembre 2009

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Merci... C'est étonnant!

Écrit par : Pierre | dimanche, 27 septembre 2009

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