samedi, 10 octobre 2009
Sonnet séditieux
Par ne sai quelle estrange inimitié,
J'ai veu tomber mon esperance à terre,
Non de rocher, mais tendre comme verre,
Et mes désirs rompre par la moitié.
Ronsard, Les Amours
Je me réveillais au sombre décor du début de soirée, l'Etoile m'appelait, j'étais en retard au rendez-vous. Elle portait roses rouges de plastique pailleté aux oreilles, visage diversement accoutré, lèvre jumelle entrouverte voyant ma mine séditieuse. Nous mangeâmes lourde matière dans une salle vociférante, prîmes le métro, bûmes un café crémeux et surtaxé au Petit Poucet, regardant les gens ni beaux ni bien habillés, quelques filles presque nues à la douceur de l'automne. L'angoisse montant dans la nuit commencée, se languissait en peines l'Etoile moins brillante alors, et je détaillais l'exactitude de la peinture sur ses cils, morne de corps, et plus morne d'esprit.


Les commentaires sont fermés.