vendredi, 23 avril 2010

Canzoniere de la stupéfaction

Chansons: limonades éventées, fraîcheur des bulles (elles vous éclatent, minuscules, à la gueule, du verre glacé que vous approchez des lèvres).

J'y suis exactement, et je n'y suis pas du doute: fourrer le pied dans la chaussure d'un autre, et chanter en habits dépareillés.

Eyetracking.

Les poèmes disent le réel (éclats), la liberté (sans conséquence), les voyages (inutiles), les pierres (fissurées), les stations (sereines), l'enfance (terminée).

Alors je suis dans ma chambre comme je suis dans ma tombe ou sous la lumière (inexorable) du soleil, c'est tout un.

Il dit: je ne suis pas serein, mais je suis dans ma chambre, etc.

Et aussi: on me dit que j'abuse / je me sens justifié (et précise: par l'humaine souffrance, par les epoirs déçus, par l'écrasement dense des journées superflues).

Quelqu'un parlait du référencement, du management éditorial et des crimes ergonomiques, c'était une réunion à La Défense. Sur mon cahier à spirales je notais en marge: hier soir ma nudité avait une odeur de cadavre.

Il y avait des cris d'enfants dans la cour de mon immeuble, je me servais un verre de vin rouge australien, le sang, le dégoût, et la radio parlait inlassablement du président polonais.

Ou comme une bouée pour se noyer plus encore.

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