jeudi, 29 avril 2010
Sans titre
Perspective d'intangibilité, point de fuite amoureuse, points de fuite amoureux, ce qui reste à portée, désert d’une salle de cinéma, tremblements au miroir de la Seine, je suis un comédien occasionnel, ma peur est animale. Sur une photo dans l’encadrement de ta fenêtre je me sens comme un amant d’Hervé Guibert, et ce portrait à la buée d’une fenêtre, l’empreinte de mes lèvres comme font les enfants, nous sommes en suspens, lendemain caresse des salives, au revoir à l’entresol, nous sommes en suspens, j’ai deux vies, je n’en aurai pas trois, une diseuse de bonne aventure me dit l’argent coule de mes poches, les chiffres de ma vie, je monte deux chevaux en même temps, comment je fais : je parle ma langue qui n’est pas la tienne, ce n'est pas raison que tu emploies ton loisir en un sujet si frivole et si vain. Je resterai dans le rectangle bleu de ta fenêtre, nu au soleil du dernier dimanche, et les toits comme sont tous les toits de la vieille cité, et dans la bouche le goût de toi, comme je murumurais à ton oreille des vers désemparés, tu les répétais en t'endormant, à qui le ferai-je encore, et les tremblements au miroir de la Seine après le désert d'une salle de cinéma, et à l'écran les crachats pleins de sang, la déroute au profond de la forêt: au revoir, amour, ma vie ne m'intéresse plus, petite fille portait des mots coups de poignard, l'alliance abandonnée à la verdeur de la forêt, les images volées, disait je suis très déçue. Ma vie ne m'intéresse plus, je l'abandonne au premier venu, au vin nourrissant, au soleil, à l'inouï, à d'autres sols, à l'imagination absolue.
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