mardi, 17 août 2010
Ma conscience noire, mon amour écarlate
Je fréquente ma conscience noire dans un sonnet millimétré, j'invente mes déboires, je racle mon sous-sol:
Mon amour écarlate étreint toutes les peaux,
il s'endort au levant et se lève au couchant,
il rumine en son âme et plus vierge se drape
d'hypothèses sacrées où la vie s'amoncelle.
En la foule alarmée passant de vaines heures,
il étiole les peurs et navigue sa course;
les lueurs de la nuit ne lui sont pas plus douces
qu'un poème alangui de mots alambiqués.
Les choses nécessaires lui sont peu de chose,
il se trouble soudain qu'on lui lèche le pied
— il recherche la paix et l'antique sagesse:
Il est comme un idiot suspendu au désert,
ses lèvres desséchées articulent la soif,
et son ombre divague où décide le vent.
Joachim Delorme, Panique poésie
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