lundi, 27 juin 2011
La vie d'artiste
Il y aurait tant à raconter, mais je n’écris plus que de la musique. Oublié le roman, ou dans un coin de l’avenir. Je n’ai jamais tant fait de musique, depuis, je ne sais plus, deux ou trois mois, presque tous les jours. Et ma technique est encore si imparfaite. David écoute et commente en musicien, quelques mots, des remarques précises.
Et cette idée soudaine de partir, dès septembre, aller vivre ailleurs, trois ans, six ans, dégager.
J’écoute les Métamorphoses de Strauss, après La Vie d’artiste dans un vieil enregistrement de l’orchestre de la radio de Vienne.
Walid continue de rêver ses personnages, son roman, des photos du quartier de la Défense où il travaille, et Ronnie, personnage qui a fait irruption dans l’appartement le temps d’une séance de photos au micro, devant le clavier, devant le poster au grand ciel gris où plane un oiseau.
Camille, avant son départ, laisse une phrase, une pensée à chacun de ses amis, celle-ci par exemple: "Maintenant je vais te leur faire le boniment sur la vie. Ils savent. Maintenant je vais te leur affirmer que chaque être vit et respire et que c’est déjà beaucoup. Ils savent. Maintenant je vais te leur parler de la vacuité de vivre, de respirer. Ils savent. Maintenant je vais te leur affirmer que c’est déjà beaucoup. Imbécile que je suis. Ils savent. Demeuré. Ils savent aussi."
dimanche, 26 juin 2011
Marche funèbre
Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : musique
vendredi, 24 juin 2011
Touchable

mercredi, 22 juin 2011
Untouchable (titre de fortune)
Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : musique
lundi, 06 juin 2011
Le rêve de vol
"La grande nuit, on lit des magazines. On a acheté des magazines. J’ai envoyé tout le monde au bourg. Il fait si froid, si gris. Quelqu’un a dit dans le village, Moi, j’ai connu la neige tous les mois de l’année. La neige, elle parle, elle mugit, elle vit. Elle roule autour de la caravane. Il faut passer le col. Le col enneigé. Il est tout seul dans la nuit. Il ne voit pas la route. Il y a des bâtons dans la neige pour voir la route (pour suivre la route effacée). C’est la nuit, c’est la pluie. La rivière qui était sèche (il a fait jusqu’à trente degrés) recueille l’écoulement de la pluie, comme une grande gouttière. Mais qu’est-ce qu’elle dit que je ne connais pas? Je ne peux pas écrire comme ça sans connaître. Est-ce que je peux dire là que je pense à Pierre? Oui, beaucoup. C’est dingue. Sais pas pourquoi. Je lui écris des choses que je me retiens de lui écrire. Que je pense à lui toujours, le soir, dans la caravane. Si nous étions ensemble, ça ne changerait rien. Comme nous ne sommes pas ensemble, ça ne change pas non plus. Pierre. Je me disais, Moi, je sais ce que c’est qu’un artiste, oh, non, ce n’est pas moi, moi, je sais ce que c’est. C’est Pierre. C’est le seul artiste que j’ai jamais rencontré. En un sens. Je le pense, oui. Je le sais. J’aimerais bien continuer Barbara avec lui. Parce que c’est ça, le fond de cette histoire, c’est de travailler avec lui, de le toucher, lui. Je pensais à lui aussi à Gennevilliers, à lui à la flûte. Oui, c’est le seul artiste que j’ai jamais rencontré – mais qui peut s’en rendre compte? Pas grand monde, non. Moi. Oui, moi.
«Je t’aime toujours, chaton. J’aimais bien la parenthèse de ton amour dans ma vie.»
C’est dommage que les homosexuels soient si attachés au sexe. Moi, je suis attaché à l’amour et au sommeil. J’aimerais bien qu’il vienne redormir à la maison. Mais il n’aura pas le temps. Travail et sexe – sont attachés les homosexuels. Moi, tout le reste. Ni le travail ni le sexe. Non: le mugissement du sommeil. Pierre est un artiste. Il dort bien."
