vendredi, 22 juillet 2011
Nothing more than feelings
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lundi, 27 juin 2011
La vie d'artiste
Il y aurait tant à raconter, mais je n’écris plus que de la musique. Oublié le roman, ou dans un coin de l’avenir. Je n’ai jamais tant fait de musique, depuis, je ne sais plus, deux ou trois mois, presque tous les jours. Et ma technique est encore si imparfaite. Michel écoute et commente en musicien, quelques mots, des remarques précises.
Et cette idée soudaine de partir, dès septembre, aller vivre ailleurs, trois ans, six ans, dégager.
J’écoute les Métamorphoses de Strauss, après La Vie d’artiste dans un vieil enregistrement de l’orchestre de la radio de Vienne.
Walid continue de rêver ses personnages, son roman, des photos du quartier de la Défense où il travaille, et Ronnie, personnage qui a fait irruption dans l’appartement le temps d’une séance de photos au micro, devant le clavier, devant le poster au grand ciel gris où plane un oiseau.
Camille, avant son départ, laisse une phrase, une pensée à chacun de ses amis, celle-ci par exemple: "Maintenant je vais te leur faire le boniment sur la vie. Ils savent. Maintenant je vais te leur affirmer que chaque être vit et respire et que c’est déjà beaucoup. Ils savent. Maintenant je vais te leur parler de la vacuité de vivre, de respirer. Ils savent. Maintenant je vais te leur affirmer que c’est déjà beaucoup. Imbécile que je suis. Ils savent. Demeuré. Ils savent aussi."
dimanche, 26 juin 2011
Marche funèbre
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vendredi, 24 juin 2011
Touchable

mercredi, 22 juin 2011
Untouchable (titre de fortune)
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lundi, 06 juin 2011
Le rêve de vol
"La grande nuit, on lit des magazines. On a acheté des magazines. J’ai envoyé tout le monde au bourg. Il fait si froid, si gris. Quelqu’un a dit dans le village, Moi, j’ai connu la neige tous les mois de l’année. La neige, elle parle, elle mugit, elle vit. Elle roule autour de la caravane. Il faut passer le col. Le col enneigé. Il est tout seul dans la nuit. Il ne voit pas la route. Il y a des bâtons dans la neige pour voir la route (pour suivre la route effacée). C’est la nuit, c’est la pluie. La rivière qui était sèche (il a fait jusqu’à trente degrés) recueille l’écoulement de la pluie, comme une grande gouttière. Mais qu’est-ce qu’elle dit que je ne connais pas? Je ne peux pas écrire comme ça sans connaître. Est-ce que je peux dire là que je pense à Pierre? Oui, beaucoup. C’est dingue. Sais pas pourquoi. Je lui écris des choses que je me retiens de lui écrire. Que je pense à lui toujours, le soir, dans la caravane. Si nous étions ensemble, ça ne changerait rien. Comme nous ne sommes pas ensemble, ça ne change pas non plus. Pierre. Je me disais, Moi, je sais ce que c’est qu’un artiste, oh, non, ce n’est pas moi, moi, je sais ce que c’est. C’est Pierre. C’est le seul artiste que j’ai jamais rencontré. En un sens. Je le pense, oui. Je le sais. J’aimerais bien continuer Barbara avec lui. Parce que c’est ça, le fond de cette histoire, c’est de travailler avec lui, de le toucher, lui. Je pensais à lui aussi à Gennevilliers, à lui à la flûte. Oui, c’est le seul artiste que j’ai jamais rencontré – mais qui peut s’en rendre compte? Pas grand monde, non. Moi. Oui, moi.
«Je t’aime toujours, chaton. J’aimais bien la parenthèse de ton amour dans ma vie.»
C’est dommage que les homosexuels soient si attachés au sexe. Moi, je suis attaché à l’amour et au sommeil. J’aimerais bien qu’il vienne redormir à la maison. Mais il n’aura pas le temps. Travail et sexe – sont attachés les homosexuels. Moi, tout le reste. Ni le travail ni le sexe. Non: le mugissement du sommeil. Pierre est un artiste. Il dort bien."
mercredi, 20 avril 2011
En lisant Breton (sur le suicide de Majakowsky)
La terrasse aux alvéoles géants de béton artisanal, la lisière du jardin y mord en poussière de terre et caillasse – selon le lexique paternel –, pierraille commune, et tout se dessèche au soleil qui réitère de jour en jour ses ardeurs de semaine sainte. Le parasol restera déployé, plus jamais ne pliera ses pans de coton clair car on l’a pansé d’un ruban adhésif blanc – comme tout objet ici il avait failli, comme tous ces mécanismes fragiles, toujours plus fragiles dirait-on dans la maison paternelle – : il tiendra jusqu’au vent ou jusqu’à la pluie qui aura raison de son mât de plastique. Ma peau brunit, et que ferais-je d’autre en plein après-midi, que de m’étendre nu sur ce lit de jardin, brisé lui aussi en maint endroit.
Le jour où je quittais Paris j’allais chercher une lettre recommandée à la Poste, c’était le prononcé de mon divorce, que mon avocate avait archivé par erreur. L’original me revenait – je ne m’en étais pas inquiété depuis trois ans. Il y avait aussi une copie de l’acte de mariage, agrémenté de formules modificatives, à la bonne heure: "la barque de l’amour s’est brisée contre la vie courante".
Il y eut cette nuit de pleine lune où je ne parvenais pas à m’endormir et où m’apparut comme un idéal le retour à l’enseignement, en province, quelque part dans la campagne normande. Paris sans fortune n’a plus guère d’intérêt au bout de trois ans. Je ne vois pas assez mes amis, ne lis presque plus, fabrique de la musique libre de droit qui ne coûte rien à personne, continue de rédiger ou de valider quotidiennement des textes normatifs comme je pourrais le faire pendant trente ans encore.
J’admire ou j’envie la nature inconsciente, je sens en moi des générations de laboureurs, et le reste je l’ignore, et peu importe, le beau langage, la vaine poésie, d’où me viennent-ils, les élans brisés, l’inaccomplissement qui fait de moi un homme comme sont tous les hommes, si nombreux, trop nombreux hommes. Elle me semble loin, maintenant, cette idée, vue de l’esprit: "la menace du dépeuplement du monde par la perte d’un seul être, comme a dit un pauvre diable en un vers qui valait infiniment mieux que d’être écrit par lui".
Et que penser de: "L’amour sexuel s’est développé au cours des huit derniers siècles et a conquis une position qui en fait, au cours de cette période, la base de toute poésie".
lundi, 11 avril 2011
My way
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jeudi, 10 mars 2011
Les amis de mes amis
"Nous sommes la traînée des données numériques que chacune de nos connexions, chacune de nos interventions sur les réseaux, chacune de nos expressions et chacun de nos choix trahissent et inscrivent sur des supports informatiques multiples, délocalisés, non localisables même. Nous n’existons ni "moins" ni "virtuellement", sur les réseaux, nous y existons et y sommes authentiquement notre œuvre propre. Mais celle-ci n’est pas tout à fait visible, du moins pas à nous-même, mais aux machines, aux automatismes algorithmiques, aux "géants informatiques" dont nous croyons "utiliser" les offres sociales."
samedi, 05 mars 2011
Are you typical?



