mercredi, 04 août 2010

Aboulie

D'habitude je n'écris pas quand je suis malade, je suis rarement malade. Le médecin m'a conseillé de sucer des glaçons, le froid fait du bien quand on a une angine, alors je mange de la glace, il en restait dans le congélateur. Je passe la journée au lit, j'ai des suées, j'écoute France Culture, c'est presque toujours une émission sur Sagan. Depuis bientôt trois ans que je travaille à Paris, c'est la première fois que j'ai un arrêt maladie. J'ai quitté le bureau hier en début d'après-midi, je n'en pouvais plus, n'étais bon à rien. Je suis contagieux. AM est partie en vacances ce matin: elle n'aura passé que deux ou trois jours dans l'appartement, elle a garé sa moto derrière ma voiture dans le parking souterrain, et outre qu'elle roule en moto, elle fait des choses inhabituelles pour une fille: remplacer une ampoule, manipuler une perceuse... Renato voudrait qu'on se voie bientôt, il veut profiter du mois d'août, je le comprends, et je me sens tellement affaibli, aboulique, déjà la semaine dernière, quand nous passions, non pas la soirée, mais peut-être deux heures sur le Pont des Arts, vent violent, épais nuages aux ourlets roses, je lui avais fait subir une longue marche entre la rue de Grenelle et Saint-Michel, j'hésitais, nous revenions sur nos pas, j'étais déjà malade, mais c'était autre chose. AM a fait des allusions à une éventuelle cause psychologique de la maladie... Pour moi c'est évident: Yves-Noël m'a envoyé un sms avant-hier soir, je me suis donné la nuit pour répondre, pour savoir quoi répondre, me décider, m'écouter, et le lendemain je me réveillais avec ce mal violent. J'en ai profité pour demander au médecin une autre ordonnance, pour les MST, ça fait presque deux ans que je n'ai pas fait les tests, j'ai dit "J'ai des partenaires multiples, comme on dit, rapports protégés, mais parfois on se fait des frayeurs."