mercredi, 09 septembre 2009
Le garçon de la ligne 5
D'abord je vis l'ami italien qui me parla d'une muse japonaise, d'un marché biologique et des pièces de théâtre qui circulent sous le manteau. Je bus un léger coca, et lui un jus de fruit épais. La serveuse nous encaissa à vingt heures et nous nous séparâmes le ventre creux. Puis un jeune homme costumé du quartier ministériel rôda autour de moi sur le quai de Sèvres-Babylone: je ne soutenais pas assez son regard dur comme il se doit alors il monta dans une voiture lointaine et chercha sans doute une autre proie. Puis il y eut Anthony, je me demandais pourquoi ses yeux pleins de fatigue, le profil toujours altier, sac à dos entre les jambes, fils blancs se baladant de la poche du pantalon aux oreilles. Nous prîmes ensemble le métro de Gare du Nord à Stalingrad - la première chose que je remarquai fut la carte de lycéen plastifiée pendant à sa ceinture: Anthony Brunet. J'en compte cinquante-quatre dans le Livre des Visages.

