dimanche, 07 mars 2010

Room 101

 

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vendredi, 27 novembre 2009

Neimad

"Je suis né dans un blède de bourges de parents post 68tards d'une vingtaine d'années, hippies sur les bords, et trop jeunes pour avoir un enfant. Grands-parents cheminots communistes d'un côté et francs-maçons de l'autre, mais la famille c'était nous 3, et les potes de mes parents. J'ai été élevé dans une pure tradition de gauche anti-cléricale, Télérama, Libé, et l'écho des savanes. Mon père m'emmenait à la maternelle accroché à lui par une grande ceinture de cuir sur sa vieille moto avant d'aller vendre des couteaux sur les marchés, ma mère, elle, venait de passer le diplôme d'institutrice après un Deug d'arts plastiques à St Denis. J'ai plutôt de bons souvenirs de cette période, les fêtes de Noël où flottait toujours l'odeur du bedo, la fête des cerises dans le parc de la mairie, les vacances à Oléron ou sur les plages enneigées de Normandie, la femme du boucher qui a tué son mari et sa fille de 4 ans à la carabine après avoir demandé à la boulangère si ma mère était partie en vacances, la classe-Amérique au Michigan en CM2, le premier mec à me lécher la bite la même année.

Après on a déménagé d'un appart en centre-blède à un corps de ferme délabré dans un village entouré de forêts plus au nord. C'est à cette époque que mon père s'est fait un faux diplôme d'ingénieur et que l'alcoolisme de ma mère s'est aggravé. En 5ème je suis parti au Québec avec les éclaireurs de France et de là a commencé ma passion des voyages, j'ai convaincu mes parents d'aller en Californie l'été suivant. Comme j'avais la plus grande baraque et les parents les plus cool mes potes faisaient le mur pour faire la fête chez nous, c'était bien tranquille, les plants de beu dans le jardin, les bières achetées par mon père, les premières cuites à 12 ans, le baby-foot. On avait pas de thune (le crédit sur 20 ans pour la maison et les salaires médiocres) mais on a jamais manqué de rien, mes parents avaient défini des priorités, récup et système D, on achète pas de meubles, on dépense pas 10 mille balles par tête pour une semaine au ski, on emmerde le clinquant, et on se fait plaisir. Chez moi c'était la maison du bonheur, toujours quinze mille personnes qui squattaient. On bouffait le saumon fumé comme du jambon, on passait les vacances de février entre la Floride et la Guadeloupe, je portais des Doc et un long manteau noir acheté en fripes à New-York, j'écoutais de la Pop Anglaise et faisais des manifs anti-nucléaire, j'avais des bagues sur les dents, des boutons plein la gueule et les cheveux mi-longs gras façon Grunge. Ensuite je suis rentré au lycée, je suis passé au Trip-Hop, aux Caterpillars, et au piercing dans l'arcade sourcilière, de la kro à la vodka, de Blur à Cypress Hill, de la BX à la Jaguar, du splif au bang et à l'opium, les fêtes dans la forêt et les champs de poires, l'été en Amérique du Sud et Pâques au Sri-Lanka, je suis même allé au Festival de Cannes. Une jeunesse banale, avec des potes qui s'entretuent à la carabine et les kailles qui t'agressent au couteau dans le train pour Paris.

Tout le monde me voyait bosser dans la com ou être journaliste, j'aimais par-dessus tout parler avec les gens, faire de nouvelles rencontres, j'ai alors décidé de m'inscrire à la Sorbonne Nouvelle en lettres modernes, je voulais une vie parisienne, comme je me faisais royalement chier je me suis barré en cours d'année en Thaïlande avec une copine de fac. En rentrant j'ai bossé comme ventouseur, l'été de la coupe du monde, je passais mes journées dans la rue à lire des bouquins et garder des places de parking jusqu'à l'arrivée des camions de tournage, je suis devenu intermittent du spectacle, payé 8 mille balles pendant 1 an à ne rien foutre, alors j'ai bougé en Inde et au Cambodge. Je montais sur Paris dans la Mégane-Scénic de mon père pour profiter de la folie engendrée pas la French-Touch, à 12 dans la caisse à passer de soirées en soirées, avec le Y2K pour apogée, j'ai commencé à avoir une vie sexuelle, et un avant goût de la ville. J'ai pris un studio dans le 3ème, j'ai commencé à bosser comme serveur dans des bars gay pour le loyer, je me suis fait un réseau, j'ai déchanté quand un pote en a tué un autre en lui foutant le feu. Je suis parti 3 mois en Asie, de Bangkok à l'Indonésie, en passant par Singapour et le Laos, au retour je me suis inscrit aux Langues'O en indonésien et géopolitique du monde insulaire asiatique, c'était passionnant mais l'appel de la thune m'a poussé à choisir de bosser pour Costes à la place, mes parents m'ont offert l'appart où je vivais, j'ai déménagé rue d'Aboukir chez mon mec, ce qui n'était pas une bonne idée, j'ai lâché Costes pour le Cab qui m'a lâché à son tour, j'ai habité chez une copine qui m'a "initié" à la coke, c'était gratos, je suis tombé dedans. Black-out de deux ans où mon monde s'est effondré, le 11 septembre, lepen au deuxième tour des élections présidentielles, bush, les Français qui se sont mis à regarder la transformation de beaufs arrivistes en stars orchestrée par des multinationales et à rêver de faire pareil. Je n'ai pas bossé pendant ces 2 années où je me réveillais le matin en pleurant, alors j'ai acheté un ordinateur, me suis cloîtré chez moi, ai perdu confiance, en l'autre, en moi, en tout. Pour finir ma mère est partie vivre en Guadeloupe où elle fait 3 tentatives de suicide par an, et j'ai ouvert un blog.

Le 7 novembre dernier j'ai eu 27 ans, c'est la première fois qu'un anniversaire me laisse aussi serein, j'ai envie de retrouver mes priorités, redécouvrir qui je suis, recommencer à prendre du plaisir, et simplement ne plus avoir peur d’avancer."

Source: http://neimad.blogspot.com/

samedi, 10 octobre 2009

Saisir ce qui ne cesse de se transformer

MA - Vous privilégiez la figure humaine sur les paysages?

FB - Oui, mais cela me semble normal. En tant qu'être humain, je me sens plus concerné par la représentation de l'humain.

MA - Et dans la figure humaine, particulièrement l'autoportrait?

FB - Non, pas particulièrement. J'ai fait beaucoup de portraits d'amis. Il faut que je les connaisse bien, que j'aie pu longuement les observer.

MA - Mais vous avez réalisé beaucoup d'autoportraits à une époque?

FB - A un moment donné, lorsque je ne pouvais plus trouver d'autres modèles, je me suis peint, mais c'était faute de mieux, pas parce que je trouvais cela plus intéressant en soi.

MA - Il y a néanmoins une tradition prestigieuse de l'autoportrait en peinture?

FB - Oui, en effet.

MA - Et l'autoportrait ne vous semble pas comme l'essence même de la peinture figurative?

FB - Non, je ne pense pas; c'est un modèle comme un autre. L'important, c'est toujours de parvenir à saisir ce qui ne cesse de se transformer, et le problème est le même, que ce soit pour un autoportrait ou pour le portrait de quelqu'un d'autre.

Francis Bacon, Entretiens avec Michel Archimbaud, Folio Essais

lundi, 28 septembre 2009

Autoportrait

"Lorsqu’on a passé trente ans de son existence à observer les faits biologiques et quand la biologie générale vous a guidé pas à pas vers celle du système nerveux et des comportements, un certain scepticisme vous envahit à l’égard de toute description personnelle exprimée dans un langage conscient. Tous les autoportraits, tous les mémoires ne sont que des impostures conscientes ou, plus tristement encore, inconscientes."

Henri Laborit, Éloge de la fuite

Commencé la journée en visionnant des extraits de Mon Oncle d’Amérique sur Youtube, condensé de la pensée de Laborit, et j’ai continué de lire son Éloge de la fuite, et encore dans l’après-midi et ce soir. Il faudrait presque tout citer… Toujours étrange d’approcher un auteur, un artiste, ou un objet, quel qu’il soit, par hasard, tard, de l’aborder comme si je découvrais une pépite, pour me rendre compte plus ou moins rapidement que j’aurais pu ou dû le connaître depuis bien longtemps. L’Éloge de la fuite renouvelle ma bibliothèque, me fera lire les autres livres autrement, les œuvres de l’imagination et les autres.

C’était à la Librairie de Paris, j’avais le temps de parcourir les rayonnages, de lire les titres un à un, ce devait être du côté des sciences humaines, et ce titre, Éloge de la fuite, qui m’attirait par identification, ma fuite, ce que je reconnais comme une fuite.

Ma colocataire et son copain viennent de se séparer ― je veux dire ce soir, comme tous les soirs sauf le samedi où c’est elle qui va chez lui ―, ça se passe toujours entre vingt-deux heures et vingt-deux heures trente, ils arrivent dans l’entrée, chuchotent pour ne pas me déranger ― ma porte est fermée, mon rideau est tiré ce soir, mais parfois c’est ouvert et je suis en train de lire, d’écrire, ou de dormir ― s’embrassent plusieurs fois bruyamment ― je ne peux m’empêcher d’imaginer des ventouses ―, disent deux ou trois mots entre deux baisers, prévoient le programme du lendemain, à la minute près, "je t’appelle à quinze heures huit après ton cours", "je serai là à dix-neuf heures trente, promis", et elle de répondre: "ou trente-deux, ou trente-cinq", et c’est vrai qu’elle s’impatiente quand il a cinq minutes de retard. Ce qui est plus difficilement supportable, c’est le bruit dans la cuisine, le temps qu’ils passent dans la cuisine le soir, le temps qu’elle y passe pour cuisiner, encore hier après-midi, un gâteau, et ils s’appellent pour parler de la quantité de vanille, et elle se met à faire le ménage, lave les chiottes et je ne peux même pas aller pisser avant de sortir. Je veux juste dire que je suis tellement rarement chez moi, qu’il m’arrive tellement rarement d’avoir du temps devant moi, que la seule sensation d’une volonté implacable dans mon espace vital, modeste territoire partagé, me met hors de moi quand j’ai l’occasion d’apprécier le silence, l’indécision, le temps suspendu.

Au travail aussi, la dominance, pour reprendre le jargon de Laborit: je me soumets à ma hiérarchie, très présente, très proche, stratifiée, omnipotente. Je dis souvent que c’est la règle du jeu, que je l’accepte. Je l’ai choisi, ce travail, et j’ai vite compris que c’était un jeu, ou plutôt qu’il fallait le considérer comme un jeu si je voulais survivre ― c’est bien ce verbe-là que j’emploie depuis que je suis venu travailler à Paris, et c’est le terme que je retrouve chez Laborit. Survivre, et jouer comme on joue aux échecs, mais ce serait une partie sans fin possible, où l’unique enjeu serait de maintenir un équilibre des forces, toujours possiblement menacé. A chaque coup je cherche une gratification, et je l’obtiens presque à coup sûr. Ça flatte mon narcissisme, ça ne développe en moi aucune conviction ― ce qui ne m’empêche pas de me battre pour certains sujets, mais le combat fait partie du jeu. Je me soumets à mes chefs, mais je suis chef moi-même, responsable d’un secteur, j’encadre, et pourtant je n’exerce pas d’autorité, en tout cas je ne profite pas du ― petit ― pouvoir que je pourrais exercer. Disons que le seul impératif, c’est que les dossiers avancent, honnêtement, proprement. Le reste… Je ne décide rien, respecte les décisions qu’on prend au-dessus de moi, essaie d’orienter, de conseiller, quand je sens que c’est possible ― simplement parce que j’aime le travail bien fait d’une manière générale, et que j’aime donner satisfaction.

Quand j’étais professeur, c’était plus compliqué, je ne pouvais pas être détaché de mon sujet, j’enseignais la langue à des adolescents qui découvraient ― les plus volontaires d’entre eux, les plus conscients, les mieux préparés par leur éducation ― le pouvoir des mots, les subtilités du discours, la mécanique des actes de langage, et moi-même j’étais là-dedans, je cherchais ma voie, mon imaginaire. Et puis il y a cette tension inévitable, quand on va jusqu’aux limites de ce métier ― mais je ne conçois pas qu’on puisse être ailleurs ―, entre les principes de la République ― le premier d’entre eux: l’asservissement consenti, masqué par la mystification la plus aberrante: liberté, égalité, fraternité ― et l’écart, la bifurcation, la fuite des auteurs ― des vrais auteurs. Ou alors on se voile la face comme dans les manuels scolaires, on assène Montaigne, Voltaire, Baudelaire à grands renforts de relevés de champs lexicaux ou d’analyse du système énonciatif, qu’on agrémente de conclusions à l’emporte-pièce sur la tolérance, l’engagement littéraire ou l’évasion poétique, comme la vanille dans le gâteau. Il faut bien l’admettre, c’est comme ça qu’on forme des citoyens, qu’on soude la nation, qu’on crée un ferment social ― l’apprentissage des Fables de La Fontaine dans les écoles est une décision politique datant de 1835 je crois. Ce fut mon école, aussi… eh bien il faut un jour prendre ses distances.

Mon travail, maintenant, c’est l’éducation et la culture, mais sans élèves, sans public. Techniquement, on appelle ça pilotage, animation de réseau. Socialement, on peut dire que c’est une promotion. Ça m’intéresse parce que ce n’est pas sans rapport avec ce qui occupe mon imagination, et surtout j’ai un salaire régulier sans doute deux fois  plus important que les revenus de mes parents qui ont élevé trois enfants. Pas de quoi se plaindre, donc, malgré une gestion sévère où je m’interdis maintenant d’être à découvert par toutes sortes de calculs que d’aucuns pourraient trouver plus ou moins mesquins. Ceci dit, je n’ai pas d’argent de côté, pas de réserve, pas de fortune dans ma famille. Il faut que je me suffise à moi-même ― question de survie. C’est vrai que c’était plus facile, de ce point de vue, d’être marié et propriétaire en province, et d’avoir une belle-famille économe qui songeait au solide ― "Il faut songer au solide": je pense souvent à cette phrase de Sylvie, qui vaut pour ma colocataire, et pour moi-même, avec ma responsabilité vis-à-vis de ma fille, qui n’a que cinq ans.

L’avenir, je ne sais… Dans le jeu social, il faut que je continue à donner satisfaction, c’est bon pour moi et pour les autres ― ma famille, mes amis, mes collègues, ma hiérarchie. Je suis très bien noté, comme je l’ai toujours été, on me dit que je devrais passer le concours interne de l’École nationale de l’administration. Mon souci, c’est le temps, le peu de temps que je peux consacrer à fuir dans mon imaginaire, ici en particulier, sur ce blog. Je travaille déjà beaucoup, les journées au bureau sont longues, je ne peux écrire que le soir, le week-end, parfois c’est dans le métro qu’un poème commence, et je m’empresse de noter ce qui souvent se développe et prend forme plus tard, le soir, devant l’écran de l’ordinateur, et avec les bruits de cuisine de ma colocataire de l’autre côté de la cloison. L’avenir… je ne voudrais pas être complètement envahi par un travail alimentaire. Et puis je crains que la dominance au travail, si je devais l’exercer moi-même sur les autres, me prenne toute l’énergie que j’arrive à déployer, dans la situation qui est la mienne aujourd’hui, dans l’espace imaginaire que j’arrive à occuper quelques heures par semaine. Alors pour l’instant ma situation me convient. Elle est médiocre, c’est-à-dire, au sens classique, moyenne ― globalement satisfaisante. Je parviens à concilier à la fois le sérieux et l’indifférence au travail, qui me permettent de rester efficace dans l’accomplissement des tâches qui me sont imposées, mesuré dans mes positions, et sain dans mes relations avec mes collègues, la responsabilité ― ce terme ne me convient pas, je n’en ai pas d’autre pour l’heure ― du père que je suis, et la créativité ― l’invention quotidienne de l’autre moi, l’invention quotidienne de l’amour.

Cet après-midi on était dans le quartier d’Yves-Noël, et je lui expliquais que j’avais enfin compris le sens du mot département dans la rue du Département, cette longue rue que je parcours quand je descends à la station Stalingrad pour aller chez lui. Le sens, je l’ai trouvé dans les Élégies de Marot, qui parle du "département" de sa Dame, c’est-à-dire de son départ. Et voilà comment cette rue au nom bizarre a pris tout son sens, ou a pris sens, simplement, quand j’ai vu à nouveau la plaque sur une façade, au moment où Yves-Noël s’apprêtait à rentrer chez lui, puisqu’il devait justement partir, se départir de moi, prendre un train pour Saint-Nazaire.

Yves-Noël… il y a ce contrat entre nous, d’abord un bout de papier que j’ai conservé, nous avons signé pour trente ans, c’était en juin dernier. Et maintenant, il me parle d’un avenant au contrat, dont il a détaillé quelques termes que j'ai recopiés ici-même. Il ne veut pas que je supprime mon blog ― c’est-à-dire: jamais ―, me dit qu’il ― le blog ― est plus important que notre amour. Mon narcissisme s’en trouve flatté ― ma lecture de Laborit est encore bien fraîche: c’est comme ça qu’il s’exprime, simplement. Le format numérique est périssable, mon hébergeur Hautetfort ne garantit pas la pérennité de mon blog, d’abord parce que dans dix ou vingt ans, Hautefort n’existera peut-être plus, qu’on ne sait pas comment évoluera internet, et que les conditions d’utilisation stipulent que l’hébergeur peut à tout moment, sans préavis ni justification aucune, supprimer le blog ― hormis cette menace, bien réelle, je dois dire que la forme, médiocre, du blog, me convient tout à fait: je prends les précautions nécessaires quant au contenu mais me censure à peine, ne dois rien à personne, ne suis soumis à aucune contrainte que je n’anticipe et n’intègre à mon écriture. Pas d’éditeur, pas de négociation, pas de droits, pas de communication commerciale: ce blog n’est pas une marchandise. C’est un espace que j’achète, certes, quarante euros par an pour mon nom de domaine et un stockage illimité des données, un blog à compte d'auteur donc, une concession joyeuse. Il me reste donc, tout en continuant à écrire ― et peut-être demain réécrirai-je un affreux sonnet de Bataille car j’ai envie d’écrire à partir des rimes embrassées de ses quatrains, "monde", "immonde", "profonde" ―, il me reste à continuer de copier mes anciens textes un à un sur un fichier Word, et surtout à les imprimer, le papier étant le support le plus pérenne, finalement. Mais je n’ai imprimé qu’une cinquantaine de pages, jusqu’en octobre 2008. Il en reste beaucoup, c’est un long travail, et j’ai le temps pour ça ― mais pas le temps de perdre mon temps en lisant des livres inutilement normatifs, ou bêtement normés,  ou pauvres de matière et de langue… Ce spectacle vendredi soir, imaginaire frelaté sans doute… les images, métaphores, belles dans leur simplicité ou leur convulsion, émouvantes, fécondes, qui déplacent, décentrent, créent l’étrangeté, mais trop souvent: leurres, mystifications, images faciles, pièces rapportées… et l’inconscient présenté dans son chaos, je ne sais plus qu’en penser ― les photographies surréalistes exposées en ce moment au Centre Pompidou, Brassaï écrasant, et les collages des autres, jeux inoffensifs… dans son Cauchemar, Jean-Michel Rabeux agence les images avec ses personnages, quand bien même ils s’appellent Question et Réponse, et surtout, je pénètre dans la cave intime d’un autre, cavité, caveau, langue mienne et autre, langue d’une autre mère que la mienne.

A l’époque de l’Éloge de la Folie, personne n’écrivit un Éloge de la Fuyte qui aurait aussi bien pu s’intituler Éloge du Département ― c’est ainsi que Pierre Courcelle rêve dans les mots du présent et du passé, dans l’épaisseur de la langue ―, et qui a lu, qui lit Henri Laborit aujourd’hui? C’est son livre qu’il faudrait placer entre toutes les mains, c’est affaire de progrès moral.

Mon Oncle d’Amérique I

Mon Oncle d’Amérique II

Interview d'Henri Laborit

vendredi, 11 septembre 2009

Portrait of the employee as an old lady

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mardi, 11 août 2009

La déperdition

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Source: Radioaster