jeudi, 30 juillet 2009

Sans titre

Les ifs longeant la route, chaleur brutale, on s’en accommode, nommer les montagnes, elles défilent sur le côté, l’eau chaude dans une bouteille cabossée, je prends la place du conducteur, le dossier humide, la sueur d’un autre, je m’y colle maintenant. Mécaniquement traverser la France, à n’y rien comprendre, jusqu’aux vastes ciels du Nord, nuages moutonnants, découpes trop nettes.

mercredi, 29 juillet 2009

Bussana Vecchia

 
bussanavecchia09.JPG
Photographie: Yves-Noël Genod

mardi, 28 juillet 2009

Sans titre

On roule sous le soleil puis dans la fraîcheur de la nuit. Sur une aire d'autoroute entre Reims et Cambrai, la voie lactée, une étoile filante, les phares d'un camion. Dans le coffre, galets dépareillés au fond d'un sac humide, serviettes de bain mouillées encore d'avoir essuyé les peaux mates, maillots de bain usés, sable au fond des chaussures. Une vieille dame vêtue de blanc marche religieusement vers les arbres qui échappent à la lumière des réverbères.

Sans titre

Les galets, on dirait du marbre: je les regarde comme si c'était des morceaux de marbre veiné roulés par les vagues. Je ne peux m'empêcher de les voir comme du marbre, on est en Italie. Les algues mortes bariolent la peau des baigneurs suspendus où se séparent l'air et l'eau, quelque part entre la cheville et la cuisse. Le soir venu, une jeune fille s'échoue sur la plage, ses bottes noires en peau sur le sable poussière. Elle regarde l'horizon comme elle l'aurait fait depuis une loggia il y a quelques siècles. Un galet à moitié enfoui, elle le jette où j'imagine que la mer commence exactement à se retirer.

Sans titre

On voit des anges et quelques voûtes escamotées, rebuts telluriques effondrés à la lumière du soir. Fendillements ou traverses, les pas hésitent dans les crevasses inhospitalières, ce sont mêmes galets et mêmes veines dans les rues du village et sur la plage de sable et de poussière. Les filles d’ici sont comme des Italiennes, venues d’ailleurs avec des accents désarticulés. On mange plus qu’on ne parle, les corps se rêvent un peu plus inertes. Au pied de la colline, une prison moderne et des clameurs la nuit, mêlées au coassement des grenouilles.