dimanche, 22 janvier 2012

Dans les poubelles de l'Histoire

"Pas de roman sans Chute, pour résumer, sans l'épisode de la Dégringolade originelle universelle qui met tout cul par-dessus tête pour que commence l'histoire de l'humanité. L'histoire des hommes et des femmes et l'épopée de leur curiosité, de leur tentative d'élucider, siècle après siècle, cette étrange affaire de renversement. La fiction, toute la fiction, toute la nécessité du roman, sortent du coup de théâtre du péché, de l'intuition d'une impureté ou au moins d'un malentendu de base, d'une racine sombre et gluante au fond du fond, d'une Défaite terrible à l'heure du big-bang... Evidemment devient romancier celui qui sent le mieux cette première défaite, elle est dans ses nerfs, il en a pris acte, il est pour commencer dans les poubelles de l'Histoire. Poubelles globales, générales, c'est déjà son triomphe de l'avoir compris tout de suite au lieu de le découvrir, comme la plupart, en cours de route, et trop tard pour en tirer autre chose que du ressentiment vaniteux ou de la tristesse mesquine..."

Philippe Muray, "Il n'y a que la mauvaise foi qui sauve" (1985), in Désaccords parfaits

samedi, 21 janvier 2012

De l'incongru plutôt que du dérangeant

En 1988, Muray publiait dans Lignes un article intitulé "Outrage aux bonnes moeurs ou comment l'esprit vient aux romans". Ce qui est insestimable, dans ce papier comme dans bien d'autres du même auteur (et par bonheur j'ai encore à peu près deux mille pages à lire, de prose et même de vers), c'est que je vieillis d'un coup, chaque page portant l'éclosion d'un argument ou d'une formule neuve, souvent haineuse, et neuve et haineuse dans le cheminement d'une pensée ressassante, dans une marge inacceptable d'où quelques-uns parviennent encore à communiquer leur lucidité malgré le peu de réalité qui subsiste sur cette terre. Il me faut vieillir, et je vieillis car la jeunesse est devenue plus trompeuse que jamais. Il faut échapper au Bien qu'on nous sert sur tous les tons.

Relisant ses articles pour les rassembler dans un volume sous le titre Désaccord parfait, Muray corrige un mot en mars 1997 et s'en explique dans une note de bas de page: "J'avais écrit "dérangeants" [adjectif remplacé par "incongrus"], mais c'était en 1988 et les néo-cagots du prestigieux journal Le Monde n'avaient pas encore inventé d'intégrer le "subversif" ou le "dérangeant" à leur discours de soumission intégrale; je suis donc obligé d'y substituer un autre mot." De la même façon le mot "indigné" s'est vidé de son jus depuis quelques mois. Mardi dernier, après un concert au Théâtre des Champs-Elysées où l'on donnait le 5e Concerto pour piano et orchestre de Beethoven et la Paukenmesse de Haydn, je patientais sur le quai de la ligne 9, contemplant une affiche à la gloire de la marque Coca-Cola: trois bouteilles (authentique, light et zero) auxquelles étaient associées des qualités qui sont autant de valeurs récupérées qui ne dérangent plus personne: "rebelle" (pour le Coca zero je crois), "créatif" (le light, et pourquoi créatif?), et je ne sais plus quoi pour la dernière, mais je me suis dit qu'il y aura dans quelque temps la bouteille indignée qui sera aussi festive que les autres.

Je relève, pour moi, quelques phrases dans l'article de Muray:

"La littérature entre presque fatalement, organiquement pourrait-on dire, en conflit avec l'idéal philanthropique."

"La description des moeurs est la voie royale du roman."

"Le roman est dangereux pour ceux qui croient au monde et aux communautés. Pour tous les vertueux de profession. Le roman est immoral par définition."

"Tout grand roman, par principe, défait en la racontant la tapisserie d'intérêts et de besoins qui constitue notre réalité."

"Un romancier est toujours, dans son genre, un déserteur de la société, une sorte d'abstentionniste actif."

"Il n'existe pas, en fin de compte, une seule grande oeuvre qui ne porte les cicatrices de la lutte qu'il aura fallu mener contre l'encouragement à disparaître, à se dissoudre dans le consensus de l'époque où elle était en train d'essayer de se déployer."

Stéphane Hessel expliquait dans Le Nouvel Observateur que la poésie l'a toujours accompagné, dans ses fonctions diplomatiques il y a longtemps, et encore maintenant. Il connaît quantité de poèmes par coeur et s'amuse à déranger un dîner en récitant des vers à table. Je me souviens de ce chapitre de Si c'est un homme, où Primo Levi explique que La Divine comédie l'a aidé à survivre: ce n'est pas comparable. Comme Hessel, Xavier Darcos, qui a publié récemment une anthologie poétique, expliquait à la la radio, devant une journaliste béate qui était aussi son ancienne élève, qu'il s'est tourné vers la poésie depuis plusieurs années car la lecture de formes courtes est compatible avec ses fonctions politiques qui lui laissent peu de temps libre. Par ce supplément poétique, ses journées sont ainsi, plus que des journées de travail, des "journées de vie" (pour reprendre le propos de Jacques Duhamel que j'ai cité dans la note précédente sur ce blog), et l'homme de lettres se coupe de tout ce que la littérature peut avoir d'incongru, de vraiment dérangeant.

lundi, 17 octobre 2011

Ma Divine

Le seul poème est le poème de la vie
Et les livres ne sont que d'inanes recueils
Le meilleur titre d'un ouvrage et sa survie
C'est une fille qui rayonne sur le seuil.
Au cadran du vieux temps
Ma Divine a vingt ans.

Saint-Pol-Roux, "Ma Divine a  vingt ans" in L'Ancienne à la coiffe innombrable (1946)

mardi, 09 août 2011

(car je songe volontiers que je songe)

"Je songe parfois à écrire mes mémoires. Au fond, à quoi bon? L’histoire d’une vanité et d’un naufrage, ça ne vaut pas l’encre pour l’écrire. Que les hommes renversés sont pathétiques! Que j’adorais le raffinement de mon château, les gracieuses arabesques de mes parterres, mes cascades et mes nappes d’eau! Ne reverrai-je jamais mes orangers? Qu’est-ce qui nous conduit à nous détruire ainsi? Quelle forme de vanité allume notre suprême ambition et nous pousse à dramatiser la risible leçon de l’anéantissement?"

Nicolas Fouquet
Le Songe de Vaux

"Mon blog est exagéré. J’aimerais beaucoup écrire des choses plus exagérées (inventées). Quand j’en écris, je suis content car elles me semblent plus vraies. Alors ça donne des choses un peu étranges quand mon père y fait allusion: "J’ai lu dans ton blog…" Je lui donne des précisions, je ne sais pas sur quoi: j’ai oublié à peu près les circonstances et j’ai oublié comment je les ai décrites. Mais je sais que tout est à peu près faux. "J’ai lu dans ton blog que tu avais hérité de costumes Yves Saint Laurent…" Euh… C’était probablement un rêve… A propos de rêve, je rêve toutes les nuits, en ce moment (enfin, le matin, j’imagine, puisque je m’en souviens), que je fais des mises en scène. Elles sont merveilleuses, inouïes, des apparitions. Je file du mauvais coton si je me mets à rêver au lieu d’agir, Marguerite Duras ne serait pas contente."

Yves-Noël
Comme nous tous faisons une œuvre de notre vie…

"Mon âme me déplaît de ce qu'elle produit ordi­nairement ses plus profondes rêveries, plus folles et qui me plaisent le mieux, à l'impourvu et lorsque je les cherche moins, lesquelles s'évanouissent soudain, n'ayant sur-le-champ où les attacher; à cheval, à la table, au lit, mais plus à cheval, où sont mes plus larges entretiens. J'ai le parler un peu délicatement jaloux d'attention et de silence, si je parle de force: qui m'interrompt m'arrête. En voyage, la nécessité même des chemins coupe les propos; outre ce, que je voyage plus souvent sans compagnie propre à ces entretiens de suite, par où je prends tout loisir de m'en­tretenir moi-même. Il m'en advient comme de mes songes; en songeant, je les recommande à ma mémoire (car je songe volontiers que je songe), mais le lendemain je me représente bien leur couleur comme elle était, ou gaie, ou triste, ou étrange; mais quels ils étaient au reste, plus j'ahane à le trouver, plus je l'enfonce en l'oubliance. Aussi de ces discours fortuits qui me tombent en fantaisie, il ne m'en reste en mémoire qu'une vaine image, autant seulement qu'il m'en faut pour me faire ronger et dépiter après leur quête, inutilement."

Montaigne
Essais, Livre III, Chapitre 5, "Sur quelques vers de Virgile"

dimanche, 24 octobre 2010

"Un petit défaut dont vous vous corrigerez en écrivant"

Lu chez Renato, le mois dernier. Lu il y a quinze ans d'abord, à la fac, un cours de licence de Claude Habib où il n'était question que du thème de l'argent dans la littérature.

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vendredi, 24 septembre 2010

Le cerveau de la capitale

"J'allai dans les quartier, qui est comme la quintesssence de l'urbanité française. Ce n'est pas la Cour, mais il vaut peut-être beaucoup mieux; car il a un ton souvent meilleur; il corrige la Cour elle-même; il lui porte la loi impérieuse de l'usage national, et la force de s'y conformer. Il la siffle, si elle ne lui plaît pas, et la force à changer. Ce quartier, qui est comme le cerveau de la capitale, c'est la rue Saint-Honoré, unie au quartier du Palais-Royal. La rue Saint-Honoré ne paraît composée que de marchands: mais il est une infinité de gens de goût dans les étages supérieurs, et surtout dans les rues adjacentes. Il est même des étrangers, qui ne vivent que là, sans y demeurer. Il quittent le matin leur demeure, au faubourg Saint-Germain, au Marais, à la Chaussée d'Antin, et le reste, pour venir dans le beau quartier manger, faire leur partier, causer, se promener; ils ne rentrent chez eux que le soir, et ne connaissent du Marais, du faubourg Saint-Germain, ou du quartier Montmartre, que leur appartement."

Rétif de la Bretonne, Les Nuits de Paris

samedi, 04 septembre 2010

Cette rêverie de me mêler d'écrire

A Madame d'Estissac.

MADAME, si l'estrangeté ne me sauve, et la nouvelleté, qui ont accoustumé de donner prix aux choses, je ne sors jamais à mon honneur de ceste sotte entreprinse: mais elle est si fantastique, et a un visage si esloigné de l'usage commun, que cela luy pourra donner passage. C'est une humeur melancolique, et une humeur par consequent tres ennemie de ma complexion naturelle, produite par le chagrin de la solitude, en laquelle il y a quelques années que je m'estoy jetté, qui m'a mis premierement en teste ceste resverie de me mesler d'escrire. Et puis me trouvant entierement despourveu et vuide de toute autre matiere, je me suis presenté moy-mesmes à moy pour argument et pour subject. C'est le seul livre au monde de son espece, et d'un dessein farousche et extravaguant. Il n'y a rien aussi en ceste besoigne digne d'estre remerqué que ceste bizarrerie: car à un subject si vain et si vil, le meilleur ouvrier du monde n'eust sçeu donner façon qui merite qu'on en face conte. Or Madame, ayant à m'y pourtraire au vif, j'en eusse oublié un traict d'importance, si je n'y eusse representé l'honneur, que j'ay tousjours rendu à vos merites. Et l'ay voulu dire signamment à la teste de ce chapitre, d'autant que parmy vos autres bonnes qualitez, celle de l'amitié que vous avez montrée à vos enfans, tient l'un des premiers rengs. Qui sçaura l'aage auquel Monsieur d'Estissac vostre mari vous laissa veufve, les grands et honorables partis, qui vous ont esté offerts, autant qu'à Dame de France de vostre condition, la constance et fermeté dequoy vous avez soustenu tant d'années et au travers de tant d'espineuses difficultez, la charge et conduite de leurs affaires, qui vous ont agitée par tous les coins de France, et vous tiennent encores assiegée, l'heureux acheminement que vous y avez donné, par vostre seule prudence ou bonne fortune: il dira aisément avec moy, que nous n'avons point d'exemple d'affection maternelle en nostre temps plus exprez que le vostre.

Montaigne, Les Essais, "De l'affection des pères aux enfants"

Je vois encore du pays au-delà

Quant aux facultez naturelles qui sont en moy, dequoy c'est icy l'essay, je les sens flechir sous la charge: mes conceptions et mon jugement ne marche qu'à tastons, chancelant, bronchant et chopant: et quand je suis allé le plus avant que je puis, si ne me suis-je aucunement satisfaict: Je voy encore du païs au delà: mais d'une veüe trouble, et en nuage, que je ne puis demesler: Et entreprenant de parler indifferemment de tout ce qui se presente à ma fantasie, et n'y employant que mes propres et naturels moyens, s'il m'advient, comme il faict souvent, de rencontrer de fortune dans les bons autheurs ces mesmes lieux, que j'ay entrepris de traiter, comme je vien de faire chez Plutarque tout presentement, son discours de la force de l'imagination: à me recognoistre au prix de ces gens là, si foible et si chetif, si poisant et si endormy, je me fay pitié, ou desdain à moy mesmes. Si me gratifie-je de cecy, que mes opinions ont cet honneur de rencontrer souvent aux leurs, et que je vays au moins de loing apres, disant que voire. Aussi que j'ay cela, que chacun n'a pas, de cognoistre l'extreme difference d'entre-eux et moy: Et laisse ce neant-moins courir mes inventions ainsi foibles et basses, comme je les ay produites, sans en replastrer et recoudre les defaux que cette comparaison m'y a descouvert: Il faut avoir les reins bien fermes pour entreprendre de marcher front à front avec ces gens là. Les escrivains indiscrets de nostre siecle, qui parmy leurs ouvrages de neant, vont semant des lieux entiers des anciens autheurs, pour se faire honneur, font le contraire. Car cett'infinie dissemblance de lustres rend un visage si pasle, si terni, et si laid à ce qui est leur, qu'ils y perdent beaucoup plus qu'ils n'y gaignent.

C'estoient deux contraires fantasies. Le philosophe Chrysippus mesloit à ses livres, non les passages seulement, mais des ouvrages entiers d'autres autheurs: et en un la Medée d'Eurypides: et disoit Apollodorus, que, qui en retrancheroit ce qu'il y avoit d'estranger, son papier demeureroit en blanc. Epicurus au rebours, en trois cents volumes qu'il laissa, n'avoit pas mis une seule allegation.

Il m'advint l'autre jour de tomber sur un tel passage: j'avois trainé languissant apres des parolles Françoises, si exangues, si descharnees, et si vuides de matiere et de sens, que ce n'estoient voirement que parolles Françoises: au bout d'un long et ennuyeux chemin, je vins à rencontrer une piece haute, riche et eslevee jusques aux nües: Si j'eusse trouvé la pente douce, et la montee un peu alongee, cela eust esté excusable: c'estoit un precipice si droit et si coupé que des six premieres parolles je cogneuz que je m'envolois en l'autre monde: de là je descouvris la fondriere d'où je venois, si basse et si profonde, que je n'eus oncques puis le coeur de m'y ravaler. Si j'estoffois l'un de mes discours de ces riches despouilles, il esclaireroit par trop la bestise des autres.

Reprendre en autruy mes propres fautes, ne me semble non plus incompatible, que de reprendre, comme je fay souvent, celles d'autruy en moy. Il les faut accuser par tout, et leur oster tout lieu de franchise. Si sçay je, combien audacieusement j'entreprens moy-mesmes à tous coups, de m'egaler à mes larrecins, d'aller pair à pair quand et eux: non sans une temeraire esperance, que je puisse tromper les yeux des juges à les discerner. Mais c'est autant par le benefice de mon application, que par le benefice de mon invention et de ma force. Et puis, je ne luitte point en gros ces vieux champions là, et corps à corps: c'est par reprinses, menues et legeres attaintes. Je ne m'y aheurte pas: je ne fay que les taste : et ne vay point tant, comme je marchande d'aller.

Si je leur pouvoy tenir palot, je serois honneste homme: car je ne les entreprens, que par où ils sont les plus roides.

De faire ce que j'ay decouvert d'aucuns, se couvrir des armes d'autruy, jusques à ne montrer pas seulement le bout de ses doigts: conduire son dessein (comme il est aysé aux sçavans en une matiere commune) sous les inventions anciennes, rappiecees par cy par là: à ceux qui les veulent cacher et faire propres, c'est premierement injustice et lascheté, que n'ayans rien en leur vaillant, par où se produire, ils cherchent à se presenter par une valeur purement estrangere: et puis, grande sottise, se contentant par piperie de s'acquerir l'ignorante approbation du vulgaire, se descrier envers les gents d'entendement, qui hochent du nez cette incrustation empruntee: desquels seuls la louange a du poids. De ma part il n'est rien que je vueille moins faire. Je ne dis les autres, sinon pour d'autant plus me dire. Cecy ne touche pas les centons, qui se publient pour centons: et j'en ay veu de tres-ingenieux en mon temps: entre-autres un, sous le nom de Capilupus: outre les anciens. Ce sont des esprits, qui se font veoir, et par ailleurs, et par là, comme Lipsius en ce docte et laborieux tissu de ses Politiques.

Quoy qu'il en soit, veux-je dire, et quelles que soient ces inepties, je n'ay pas deliberé de les cacher, non plus qu'un mien pourtraict chauve et grisonnant, où le peintre auroit mis non un visage parfaict, mais le mien. Car aussi ce sont icy mes humeurs et opinions: Je les donne, pour ce qui est en ma creance, non pour ce qui est à croire. Je ne vise icy qu'à decouvrir moy-mesmes, qui seray par adventure autre demain, si nouvel apprentissage me change. Je n'ay point l'authorité d'estre creu, ny ne le desire, me sentant trop mal instruit pour instruire autruy.

Mon taigne, Les Essais, "De l'institution des enfants"

Suite d'amour : l'affection, pointure, et accointance, baiser, toucher, le fait, le repentance

 

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En beau regard, en face de lyesse,
Sur cest autel est Venus la Déesse.
Auec son filz Cupidon, l'Enfant beau.
Portant son Arc, ses Traictz, & son flambeau.
A ses piedz sont deux colombz, non volans,
Mais bec à bec s'entrebaiser voulans.
Et derriere elle, est vn gemissant Cygne.
Qui de sa mort prochaine faict le signe.
De lvxvre est ceste Image euidente.
Qui brusle au feu d'affection ardente.
Et poingt le cueur. Puys au corps approchant,
Cerche à baiser, main, & bouche touchant.
Et quand en ieu* les baisers sont venuz:
Apres se faict l'office de Venus.
Puys en dernier s'ensuyct vn repentir
En gemissant, par Mort plus pressentir.
Images Donc sur ces autelz sacrez,
Monstrent d'Amours les mysteres secretz.
L'affection, Poincture, & Accointance.
Baiser, Toucher, le Faict, la Repentance.

Barthélémy Aneau, Imagination poétique (1552)

* Sans doute feu et non jeu.

Je feuillette les emblèmes de Barthélémy Aneau, que j'ai lus à la fac. Je retrouve, sur la page de titre, la référence à Horace: "La Poësie est comme la pincture", et il me faut un certain temps pour faire le lien avec le titre malin d'Imagination poétique, la poésie faiseuse d'images.

Je suis arrivé là parce que je cherchais le texte intégral des Essais en mode texte sur internet. Ca permet de faire des recherches d'occurrences. J'ai trouvé des fac-similés, et me suis attardé sur le chapitre "Des livres" dans l'édition de 1580. "Je n'ai point d'autre sergent de bande a ranger mes pieces que la fortune."

Des livres

 

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Auteur : Montaigne, Michel de
Titre : Essais. Livre second
Imprimeur : Millanges, Simon
Libraire : Millanges, Simon
Date : 1580
Format : 8°
Collation : [2] f., 650, [3] p.

Titre long: Essais de Messire Michel seigneur de Montaigne, chevalier de l'ordre du Roy, & Gentil-homme ordinaire de sa Chambre. Livre second.
Adresse typographique : A Bourdeaus : Par S. Millanges 1580
Langue : Français
Notes : La première édition des Essais de Montaigne.

Source: Les Bibliothèques Virtuelles Humanistes

 

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