lundi, 24 août 2009

Le déjeuner sur l'herbe

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© Yves-Noël Genod

Les heures sont longues avant la nuit, avant d'écrire quelque demi-souvenir au défilement des photographies numériques, instantanés troubles et frais, comme un Déjeuner sur l'herbe au bord d'une cascade, un titre de peinture qui n’apparaîtrait qu’à l’écran-vérité : une jeune femme enceinte, trois hommes, une petite fille. La scène est en Auvergne, le Forez de L'Astrée, la nudité au profond d'une forêt où la peau ruisselante s'étonne de minuscules vers et parfois de tiques importunes. Les rives sont tapissées de mousses épaisses, de verts inqualifiables,  paysages miniatures dans le vaste tableau, petits mondes enclos dans une portion de terre mesurable. D'une rive à l'autre, quelques mètres en équilibre sur le granit rose rendu glissant par les eaux rapides, le même granit que les froids monuments au cimetière, je le reconnais. Des empilements de roches aux angles arrondis enserrent la vallée, on doute si leurs formes étranges furent sculptées par l'eau ou par d'antiques glaciers. Le Guide vert donne quelques repères géomorphologiques: les approximations  invitent plus à la rêverie qu'à la science.