samedi, 23 mai 2009
The biggest french pig ever
"He is the biggest french pig ever, I can't believe it", on se retrouvait sur le quai, Kate et Felix épiloguaient sur l'incident, et plus loin Yves-Noël, Rémi, et cette dame, cette femme, je ne sais comment dire, qui accompagnait Rémi et qui ne m'avait pas été présentée, danseuse, écrivain je crois. Plus tard, dans le métro, Yves-Noël remarquait ses chaussettes dépareillées, l'une grise, l'autre rouille, et un homme assis à côté d'elle suivait la conversation, visiblement amusé. On avait parlé des chaussures de Kate aussi, Martin Margiela, cuir clair et souple, mais impossibles à décrire.
Il y a toujours ce moment, dans la première partie, où Kate s'essuie les pieds d'un air dégoûté avant de chausser ses santiag, la culotte est tantôt rose tantôt impression léopard. Le moment où elle ramasse le soutien-gorge de Marlène et dit au public "c'est pas à moi" (rires). Et aussi: "c'est ma secrétaire, j'aimerais vous dire qu'elle est bien mais c'est pas vrai, c'est tellement dur de virer les gens en France".
Il faut dire que Felix avait un ticket de métro mais qu'il ne l'avait pas utilisé, s'était faufilé derrière Kate comme un black du neuf trois vous demande s'il peut passer avec vous, et vous sentez un corps étranger derrière vous, mais là Kate ne s'était rendu compte de rien, et le contrôleur lui était tombé dessus, Felix, il a failli passer la nuit au poste, le billet de cinquante euros qu'avait fini par tendre Kate l'avait sauvé. "If I had been alone and not drunk, I would have run away", il aurait bondi comme il le fait dans le spectacle, le contrôleur n'aurait rien pu faire.
Ce matin Yves-Noël disait qu'il faudrait encore lutter, les techniciens avaient mis des gélatines sur les Svoboda, question de sécurité, une ampoule avait éclaté mardi soir au cours de la deuxième partie, morceaux de verre répandus sur le plateau, mais avec les gélatines la lumière était moins dorée maintenant, c'était moins beau, alors il faudrait négocier.
Lien permanent | Tags : kate moran, felix m. ott, yves-noël genod, théâtre, chaillot |
Facebook
mercredi, 29 avril 2009
Mélodie pour Kate (comme un corps entièrement corps)
On avait discuté avec un marchand ambulant qui nous avait abordés peu après minuit, la Tour Eiffel avait scintillé quelques minutes, il parlait espagnol avec Yvonnick, il était presque embauché pour le spectacle, et nous disait au revoir en nous donnant des porte-clés-Tour-Eiffel, toujours les mêmes. Puis dans le métro on lisait au hasard les Poèmes de Wallace Stevens, je collais la première strophe de "A weak mind in the Mountains" sur une mélodie que j'avais trouvée dans la soirée. "There was the butcher's hand. / He squeezed it and the blood / Spurted from between the fingers / And fell to the floor. / And then the body fell." J'entendais la voix de Kate, mais il faudrait rassembler les quelques morceaux pour l'heure épars, désaccordés, de la chanson à venir, et peut-être choisir un autre texte, par exemple "Man Carrying Thing": "The poem must resist the intelligence / Almost successfully, etc.", ou chanter que la mer n'est pas un masque, ni elle non plus, chanter au-delà du génie de la mer, l'eau jamais formée à l'esprit ou la voix, comme un corps entièrement corps, etc. "She sang beyond the genius of the sea. The water never formed to mind or voice, Like a body wholly body, fluttering / Its empty sleeves; and yet its mimic motion / Made constant crying, caused constantly a cry, / That was not ours although we understood, / Inhuman, of the veritable ocean."
Lien permanent | Tags : musique, wallace stevens, kate moran, poésie |
Facebook


