lundi, 02 août 2010
Mirages
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mercredi, 09 septembre 2009
Le garçon de la ligne 5
D'abord je vis l'ami italien qui me parla d'une muse japonaise, d'un marché biologique et des pièces de théâtre qui circulent sous le manteau. Je bus un léger coca, et lui un jus de fruit épais. La serveuse nous encaissa à vingt heures et nous nous séparâmes le ventre creux. Puis un jeune homme costumé du quartier ministériel rôda autour de moi sur le quai de Sèvres-Babylone: je ne soutenais pas assez son regard dur comme il se doit alors il monta dans une voiture lointaine et chercha sans doute une autre proie. Puis il y eut Anthony, je me demandais pourquoi ses yeux pleins de fatigue, le profil toujours altier, sac à dos entre les jambes, fils blancs se baladant de la poche du pantalon aux oreilles. Nous prîmes ensemble le métro de Gare du Nord à Stalingrad - la première chose que je remarquai fut la carte de lycéen plastifiée pendant à sa ceinture: Anthony Brunet. J'en compte cinquante-quatre dans le Livre des Visages.
mardi, 11 août 2009
Lève-toi vers toi-même, et va vers toi-même
A la hauteur du front, les gouttes abondent, et la foule moite: un jeune homme lisait le Cantique de Salomon dans le métro de dix-neuf heures. Je m'étais assis à côté de lui sur un strapontin et penchais la tête vers son livre aux écritures minutieuses et érotiques. Pour le protéger, un étui en cuir noir: une fermeture éclair pour l'oublier. De retour chez moi j'interroge un moteur de recherche et je lis irrégulièrement comme on erre à l'écran: "la voix de mon amant, le voici, il vient, il bondit sur les monts, il saute sur les collines, il ressemble, mon amant, à la gazelle ou au faon des chevreuils". La chaleur me surveille, le mal de tête disparu, et la naïveté d'une métaphore: "je désirais son ombre, j'y habite, son fruit est doux à mon palais".
vendredi, 01 mai 2009
Paysage de l'oeil
Un Black me demande si je parle anglais, je réponds en anglais, il me regarde ahuri, me demande si je sais ce que ça veut dire, "my father my father", les cris d'une jeune fille assise à côté de lui dans le métro. Nous étions sur le quai de la ligne 5, gare de l'Est, il était très tard, je revenais de la Villa de l'Astrolabe. Nous avions parlé de la solitude avec l'Etoile, fumé des cigarettes roulées et mangé des chips, j'avais amené une bouteille de vin rouge, l'épicier avait cassé le bouchon, s'était excusé en disant qu'il avait oublié de retourner la bouteille, que les bouchons c'est comme les femmes ça se trempe. (Dormi avec une araignée, le paysage de l'oeil dévasté, sous l'oeil comme une île volcanique au noir de basalte, ou une orchidée mystérieuse.)



