mercredi, 12 août 2009

Message anonyme

amourangedeux.gif

Je reçois une carte postale électronique sur ma messagerie professionnelle, je ne sais pas quoi en penser, je ne connais pas l'expéditeur. Une publicité du site www.ecarteweb, ou un ami qui s'amuse? Peut-être Renato, à qui j'ai envoyé un narcissotron ce matin, à partir du site www.unpeudamour.com:

Cher Renato

J'espère que vous vous portez bien. Toute la journée je pense à vous... Car je vous trouve si raffiné que mes autres pensées sont chassées par votre image. L'autre jour, je voyais Benicio Del Toro à la télévision. Je me suis d'abord dit qu'il était sublime, puis mes yeux sont tombés sur votre photo... et je me suis dit que j'étais bête, et qu'il ne vous arrivait pas à la cheville! Vous aurez peut-être l'impression que j'exagère, mais je suis sincère... Non, vraiment... je ne connais personne comme vous. Je ne connais personne qui soit... aussi... sensible! A vrai dire, je pense même être en dessous de la réalité: car il n'y a pas de mots! Je pourrais vous comparer à un dieu, un ange, ou à Klaus Nomi, (je plaisante), je n'arriverais pas à être dans le vrai. Je vous laisse, à présent, mais j'espère vous revoir bientôt, Renato, car c'est toujours pour moi une immense joie.

Karl Lagerfeld

mardi, 11 août 2009

La vie n'est qu'une partition

J'écoutais Bashung dans le métro, et je notais sur mon cahier: "des musiques d'ascenseur pour femmes seules", puis, en hexamètres: "pupilles éblouies", "le marché des amants", "un kilo de colère", "et trois d'effacement", et "le tumulte des dieux".

Plus tard c'était un quatrain de décasyllabes:

Musiques d'ascenseur pour femmes seules
qui rêvent de Venise au bord des lèvres
un kilo de doute et trois de colère
en descendant au marché des aveugles

Puis, je ne sais pourquoi, l'idée du générateur, je cherchais sur Google, qui me suggéra "générateur de poème". Unpeudamour.com, le générateur de mots d'amour:

Yves-Noël, ses 12 travaux

Tu as éclairé mes heures
Tu as rendu mes rêves divins
Montré le chemin du bonheur
Mis tes yeux gris-bleu dans mes refrains
Embrasé 36 hivers
Fait partir mon sang en cavale
Fait de ma vie un merveilleux mystère
Suspendu chaque point final
Fait jaillir le noir du futur
Mis une étoile dans mon regard
Des fils blonds dans mon écriture
Et un poème dans notre histoire.
Tes 12 travaux réalisés,
Tu peux admirer, enfin,
Un coquelicot, c'est moi, un petit coquelicot qui a poussé,
Et lui donner juste un baiser, un baiser beau et cristallin.

Pierre, déesse de ton hiver

(On remarque que le générateur ne prévoit pas l'amour homosexuel.)

Le générateur d'acrostiches:

Yaourt aux fruits, lèvres vermeilles!
Vie et mort sont à toi liées
Elis-moi pour six quinquennats!
Soleil d'hiver et pluie d'été
Nageant dans une âcre indolence
Osons braver le temps trop long!
Embrasse-moi, c'est une urgence!
La vie n'est qu'une partition...

Un générateur d'anagrammes me donne deux anagrammes de Venise: envies, veines.

Soit.

Je reviens à mon premier générateur, qui fait d'autres propositions, comme: "La page de roman romancera votre plus belle histoire d'amour. Gagnez le prix Goncourt sans effort!". Ce qui donne:

Le Velours Noir De La Vacuité
par Pierre Courcelle

   Un oiseau survola Venise avant de venir tournoyer au-dessus de la tête de Pierre. Celui-ci sourit, sans trop savoir pourquoi, à une vieille dame qu'il croisait. Il leva la tête, rêveur, et observa les nuages... celui-ci ressemblait à une rose. Celui-là à un coeur... Plus vite qu'il ne l'aurait pensé, il se retrouva devant la porte.

   Timidement, il frappa trois petits coups. Comme rien ne se passait, il allait insister lorsque la porte s'ouvrit sur Yves-Noël. Elle était plus belle que jamais, et gratifia Pierre de ce sourire si magique dont elle avait le secret.
   - Entre, lui dit-elle.
   Pierre pénétra dans la salle à manger avant de se laisser choir dans un fauteuil. Un silence s'ensuivit. Puis Yves-Noël, qui le regardait, lança doucement:
   - Alors? Tu ne m'embrasses pas?
   Pierre sourit.
   - Je fais durer le plaisir, dit-il.
   Puis il ajouta:
   - Approche...
   Yves-Noël s'exécuta, et Pierre posa sur sa bouche un baiser silencieux. Puis un autre. Encore un.
   - Je...
   Mais elle n'eut pas le temps de finir sa phrase, ni même de la commencer, puisque Pierre la gratifia cette fois d'un long et tendre baiser. Quand cela fut terminé, Yves-Noël sourit.
   - C'est toi qui embrasses le mieux de tous mes amants, dit-elle.
   - Petite dévergondée, rit Pierre.
   Ils se regardèrent. Pierre approcha sa bouche de l'oreille de Yves-Noël et chuchota:
   - Je t'aime...
   Bien sûr, il lui avait déjà dit qu'il l'aimait. Bien sûr, il lui avait dit des milliers de fois. Mais ce sentiment était toujours le même. Il voulut le lui dire.  
   - Depuis maintenant huit longs mois que nous nous sommes rencontrés, bien que j'aie eu d'autres aventures avant de te connaître, je t'aime cent fois plus que toutes les autres femmes réunies.
   - Oh... c'est bien vrai?
   - Oui, c'est vrai.
   - Mon coeur... ce que tu me dis, c'est la chose la plus belle que jamais je n'ai entendue. Tu es aussi viril à l'intérieur qu'à l'extérieur.
   Pierre rougit. Il se sentait bien. Au loin, un chevreau criait. Tout près, son coeur battait. Là-bas le jour passait... ici, tout était arrêté.
   - Tu sais... j'ai aimé, tout à l'heure, lorsque nous nous sommes embrassés.
   Il n'en fallut pas plus à Yves-Noël pour saisir le bras de Pierre et lui offrir de nouveau un baiser enflammé. Les deux êtres eurent cette fois l'impression d'être emportés dans une tempête. Sur un océan rouge sang. Leurs souffles s'échouaient invariablement dans les hurlements du vent, et les gifles des vagues leur faisaient fermer les yeux. C'était beau, c'était puissant, comme un tableau de Van Gogh, ou comme ''Nocturne'' de Chopin. Tout rugissait autour d'eux, ils étaient enfermés dans une parenthèse qui les épargnait des griffes du cyclone, des griffes signant leur passage d'une trace de salive blanche et éphémère... tout tournait, des vertiges les prenaient, Pierre ferma les yeux et eut l'impression de engloutir en haut d'un platane. Et soudain tout s'arrêta.
   - Marions-nous...
   - Pourquoi n'est-ce pas déjà fait?
   Ils rirent. Ils étaient heureux.
   Toute la nuit, ils restèrent enlacés, à parler, ou à s'embrasser.
   - Je t'ai déjà parlé de Bruno? Demanda Pierre.
   - Non.
   - Il m'a dit un jour que je ne pourrais jamais séduire qui que ce soit, même une folle.
   - Il ne faut pas écouter ce genre d'idioties... comment pouvait-il te dire ça, à toi, qui es si... caméléon!
   - Tu ne le connais pas. Sa bêtise dépasse l'entendement.
   - Je veux bien te croire!

   Dans un sourire, un souffle, un battement de cils, ils se dirent ''je t'aime''. Ce sourire brille encore au fin fond des étoiles... ce souffle chante encore dans les hautes couches de l'atmosphère... ce battement de cils scintille toujours quelque part. Ils s'aiment.

(J'avais choisi le titre Le Velours noir de la vacuité à cause d'une conversation avec Yves-Noël, le week-end dernier. Il fallait donner un titre, il n'y a pas de générateur de titre, alors j'ai pensé à ça, mais en relisant la note d'Yves-Noël, je me rends compte que je me suis trompé: Paloma parlait du velours foncé, pas du velours noir. Finalement j'ai une meilleure idée: La Folle de Venise.)

Enfin, je passe au Narcissotron. Je suis prévenu: "Félicitations, Pierre. Ouvrez votre logiciel de messagerie, et... enlevez vos chaussettes, vos chevilles risquent de gonfler."

Mon cher Pierre

Ça va, j'espère? Car vous savez, je pense beaucoup à vous! Car je vous trouve si beau que mes autres pensées sont chassées par votre image. Il faut dire: même Yves-Noël Genod n'est pas aussi réservé que vous! Ce n'est pas un rêve, que je décris, c'est vous! Regardez-vous! Vous êtes une vraie mine de diamants! Tout ce que vous touchez se transforme en or. Vous vivez, vous créez. Vous créez sans le faire exprès. Vous êtes un artiste... Tenez! Pendant que je vous écris, j'écoute une chanson de Jean-Louis Murat. Il chante qu'il connait un homme merveilleux, qui aurait toutes les qualités... je crois qu'il ment, à moins qu'il ne vous connaisse! Je vous laisse, à présent, mais j'espère vous revoir bientôt, Pierre, car c'est toujours pour moi une immense joie.

Christine Angot

Rappel! Ce message vous est envoyé depuis le Générateur de Mots d'Amour sur http://www.unpeudamour.com depuis la rubrique ''narcissotron'' dont le but est de s'envoyer à soi-même un message élogieux. Si vous n'êtes pas à l'origine de ce message, n'en tenez pas compte. Quelqu'un a probablement entré votre adresse email à la place de la sienne, volontairement ou involontairement.

Le texte, oui, mais l'image:

photodingo0903232.JPG

www.photodingo.com