mercredi, 23 mai 2012

Les premières années

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Et toi, Tours et le changement de patron, qu'est-ce que ça dit? De toi et d'Olivier j'ai eu des nouvelles par ton blog. Ah oui, j'allais oublier, j'avance moi aussi dans l'écriture, comme un pauvre tâcheron des mots que je suis. Je viens de terminer la première tranche de mon vécu, jusqu'à l'âge de 13 ans ½, au moment où je suis passé du primaire au collège, directement en 5ème s'il vous plaît, avec cependant une année de retard, qu'il m'a fallu rattraper l'année suivante. Tous ces souvenirs, placés dans leur contexte familial et paroissial, sont rassemblés en 54 pages bien tassées, nom de police Times New Roman, taille de police 12. D'après un calcul approximatif, cela doit faire environ 185.000 signes! Mais j'avoue humblement que la valeur de mes écrits ne se mesure pas à la quantité de signes alignés sur le papier... Néanmoins, si cela t'intéresse, tu pourras récupérer cette première tranche de souvenirs sur un support informatique quand tu passeras à la maison. La suite concernera mes années d'études jusqu'au bac et mes trois premières années d'enseignement avant l'entrée au séminaire. Je vais m'y atteler sans tarder.

Je ne te souhaite pas bon courage pour la lecture de cette longue bafouille, puisque tu en arrives à la fin — en supposant que tu aies commencé par le début — mais plutôt toutes mes félicitations pour ta patience et ton insigne bienveillance!

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lundi, 23 avril 2012

Portrait du père par la mère

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jeudi, 19 avril 2012

Causerie

Cher Pierre,

Bien réveillé au petit matin, je repensais à nos échanges à la maison de vive voix samedi, puis hier par ordinateur et blackberry interposés. Ma méditation tournait autour du concept de mise au monde, et j’ai envie de t’en communiquer la teneur car elle éclaire ces échanges d’un jour nouveau pour moi. Promis, je vais faire court!

Au point de départ, pour moi, la mise au monde signifiait l’enfantement, l’accouchement, et cela me renvoie à l’instant qui restera toujours magique dans mon souvenir, où je t’ai vu apparaître, sortant du corps de Cécile, le sommet d’un crâne poilu dans un premier temps, puis, après bien des efforts de sa part et une grande douleur, le reste est arrivé d’un seul coup, un petit être fripé, au corps gluant et blanchâtre, criant sa volonté de vivre.

A l’âge d’homme, bien avant de tomber amoureux et de devenir père, j’avais pris conscience que la mise au monde ne se résumait pas à cette magie de l’accouchement. Mettre au monde un enfant voulait dire aussi et surtout l’accompagner durant son enfance et son adolescence jusqu’à l’âge d’homme quand il serait suffisamment autonome pour s’assumer dans la vie sentimentale, sociale et professionnelle. C’est ce que Cécile et moi avons visé en vous "élevant" jusqu’à l’âge adulte. A vous alors de tracer votre route…

Cependant nos récents échanges, ainsi que tous ceux qui les ont précédés depuis des années, les livres et les auteurs que tu m’as fait découvrir, ont enrichi et élargi ma conception de la mise au monde. En effet, elle ne se vit plus à sens unique: tu me mets à ton tour au monde en m’ouvrant d’autres horizons et d’autres perspectives au fil de ces partages, et moi je continue à te mettre au monde en te communiquant mes évolutions personnelles et mes réactions à tout ce que tu m’apportes. Cela me rappelle une réflexion qui m’a marqué en cours de philo au séminaire de Merville: l’abbé Fichelle attirait notre attention sur le verbe "causer" qui prend corps dans la causerie entre amis au coin du feu, comme dans la causalité productive de quelque chose de neuf. C’est ce qui se passe entre nous. Nous nous causons mutuellement, dans tous les sens du terme. Avec d’autres c’est assez évident, mais entre père et fils, c’est sans doute plus rare comme tu le soulignes à juste titre, et si tu en es fier, je suis moi aussi très fier de cette qualité de rapport entre nous.

Voilà ce que je voulais partager avec toi au lever. Je t’aime et je t’embrasse très affectueusement. Bonne journée. Papa.

dimanche, 23 octobre 2011

Cécile & Jean

Bonjour Pierre,

Si tu tapes "sommaire du n°14 de Plein Jour" tu trouveras entre autres un témoignage que j'ai adressé à cette association de compagnes de prêtres. C'est un peu - beaucoup en fait - de notre vie à Cécile et à moi, et aussi de la vôtre, nos fils, par voie de conséquence. Je t'embrasse et au plaisir de te revoir, sans doute demain, Papa.

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Bonjour Papa,

Merci pour ce texte, où je retrouve un récit conté plusieurs fois depuis mon enfance (plus souvent par maman: je me souviens que je l'écoutais passionnément!), et tes convictions que j'admire.

Je te réponds par un poème de Saint-Pol-Roux adressé à sa fille, qui portait le prénom de Divine (ah, ces poètes...):

Ma Divine
Le seul poème est le poème de la vie
Et les livres ne sont que d'inanes recueils
Le meilleur titre d'un ouvrage et sa survie
C'est une fille qui rayonne sur le seuil.
Au cadran du vieux temps
Ma Divine a vingt ans.

Je t'embrasse, et à demain!

Pierre

jeudi, 17 septembre 2009

Un moment avec toi

Bonjour Pierre, ton coup de fil m'a fait bien plaisir hier... ou avant-hier: le temps passe si vite... Ce matin après le départ de François j'ai pris le temps, une heure bien comptée, de lire ton blog depuis "Pères et fils" dont j'avais pris connaissance le lendemain du jour où je t'avais "transmis" le coffret de cigares, transmis plutôt que donné, comme on transmet - et confie - un témoin de mémoire vivante, un peu de l'âme de l'autre Pierre Courselle, qui lui aussi était cher à mon coeur... Je voulais simplement te dire que j'ai aimé te retrouver dans tout ce que tu écris, qui me fait communier à tes découvertes, tes élans et tes émotions, et qui me permet aussi de me décentrer de mon univers parfois trop limité par mes convictions et mes certitudes de tous ordres. Merci pour cela. Je t'embrasse, "Père" comme tu dis...