vendredi, 23 juillet 2010
Profils
J'écoute le déclin de la semaine
au livre fond de sac
inquiétude d'esprit
inégalité d'humeur
inconstance de coeur
incertitude de conduite
qu'on feuillette
profils
corps d'écran
chacun les yeux dans ses yeux
comme il fera noir je partirai
mains dans les poches
rêvant mes pas usés
et la multiplication de soi
dans l'urbaine foison
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jeudi, 15 juillet 2010
Quotidien aliéné
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lundi, 14 septembre 2009
Portrait of the employee as an old lady (vidéo)
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jeudi, 03 septembre 2009
Work in technical progress
L'actu est sur Youtube (avec de la musique) ----->
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mercredi, 05 août 2009
Le pied
Censuré
Cliquer sur "ouvrir", puis "lecture seule". Le diaporama défile automatiquement.
Durée: 23 min 27 s
(Ici, version légèrement plus courte: j'ai dû supprimer quelques photos pour permettre la mise en ligne.)
Note d'intention au format PDF: pierrecourcelle_lepied_intention.pdf
Téléchargement gratuit de la visionneuse PowerPoint 2007: Microsoft
© Pierre Courcelle

Note d'intention
"L’amour est rapt. T’introduire dans mon histoire, tel est le vœu raptif de l’amour, la jalousie de son désir: emmener l’autre en captivité."
Michel Deguy, "Aphrodiqu’iconoclastie", in Arrêts Fréquents (1990)
Tout le monde fait des photographies et peut les publier sur internet, on apprend à cadrer et il y a comme un progrès dans le développement de la sensibilité de ma voisine, du touriste égaré et du gamin à casquette qui porte une grosse boucle d’oreille en toc. Ou on ne soucie pas du cadrage et ça fait penser aux instantanés de Nan Goldin, c’est aussi bien.
Les gens…
Nan Goldin: "Je ne pense pas qu'il y ait encore la moindre authenticité dans la photographie, tout peut désormais être manipulé: cela n'a plus de sincérité, on ne peut plus croire les photos. Dans les années 80, les photographies étaient basées sur l'intimité, la mémoire, une expérience commune. Désormais, on peut prendre n'importe quoi en photo, sans même regarder. Je crois que les gens ne savent plus voir" (www.slate.fr, 3 août 2009).
Moi, ce qui m’intéresse, c’est le revival virtuel du polaroid. J’ai téléchargé un petit logiciel sur www.polaroid.com, qui vous dit en page d’accueil: "You still can !". Très bien, je réalise mon album de vacances sur le mode rétro du polaroid, format carré, bords assombris, couleurs infidèles, images vieillies artificiellement. Je joue.
Le hasard a voulu que mon appareil numérique rende l’âme au début des vacances. Je précise: ce n’est pas moi qui ai fait les prises de vue — à l’exception de quelques-unes —, mais Yves-Noël Genod. Plus de mille photographies sur son iPhone, trois semaines vacances.
Yves-Noël nous photographiait tous les jours, ma fille et moi. Il écrivait aussi beaucoup, prenait des notes sur son petit carnet, écrivait sur son mac. Il ne voulait pas que je lise par-dessus son épaule, me disait: "Tu attendras que ce soit sur mon blog!". J’étais bien le seul à ne rien faire pendant ces vacances: je n’écrivais pas, ne dessinais pas, ne parvenais même pas à lire. Quand même, j’inventais des contes pour ma fille, les Histoires d’Aurore.
Le couple (lui, moi), puis la famille (avec ma fille qui nous a rejoints). Deux maisons, à Remoulins d’abord, à une vingtaine de kilomètres d’Avignon, puis à Bussana Vecchia, près de San Remo.
Le ciel du Sud, la rivière, la mer, le relief, la roche, les galets, le sable.
Les maisons rêvées.
Les déambulations dans le village perché au sommet d’une colline, la maison de Bussana, si haut.
Des instantanés.
La maison de Sylvia Bataille et Jacques Lacan sur l’île de Ré.
Authentiques.
Les femmes-maisons.
Deux hommes dorment dans le même lit, dans des maisons de femmes. Ils couchent ensemble, et rêvent des femmes. Ce ne sont peut-être pas les mêmes rêves. Il y a une petite fille, la descendance, une petite fille qui retrouve son père et qui apprend à connaître son deuxième papa — papa et père, ce n’est pas tout à fait pareil.
Toutes les maisons, maisons de femmes, Marie-Eve, mère des hommes et mère du Christ, origine du monde, sa maison enjambe une rue étroite comme le sont toutes les rues du village, à la fenêtre je l’imagine, elle fait partie des sédentaires dans ce village de hippies en retraite. Elle est belle et fine comme une Parisienne qui s’est retirée en Italie.
Estelle A. m’a envoyé un texte bouleversant, que j’ai lu quand je suis rentré une journée à Paris, le 15 juillet, avant de repartir à Remoulins avec ma fille. Estelle, femme-église! "Je les accueille en ce moment, mon cul est une porte d'église, pour tous ces chibres égarés, ils retrouvent le noir […]".
Alors on s’est mis à rêver les femmes, elles devenaient maisons, arbres, mers.
Elle, le magazine trouvé dans la maison de Bussana, un numéro du 30 juillet 2007. Coïncidence, le nom de la femme d’Yves-Noël en couverture, et à cette époque, juillet 2007, Yves-Noël jouait à Avignon, un spectacle intitulé La Descendance, et à la fin, sa femme, qui avait écrit le texte, servait du gâteau au public.
Sans doute je fais comme beaucoup de gens, ni mieux ni plus intelligemment. Je le fais. Le hasard : ce numéro de Elle, celui-là précisément, qui fait sens — mais peut-être aurais-je aussi bien disserté sur le numéro collector consacré à Emmanuelle Béart en 2003 —; Marie-Eve, ce nom-là; le texte d’Estelle; le bleu que je vois partout dans les photographies, et donc Le Bleu du ciel, etc.
Le hasard, tout le monde vit ça.
Moi j’en fais un diaporama. Que voulez-vous… "Que veux-tu…", dit ma fille, sur un ton emprunté, joué, sur le mode de l’imitation. Tout est jeu là-dedans, Yves-Noël l’a bien noté, on joue avec les galets, les galets sont des poèmes, l’album de vacances se développe en phrases factuelles et la banalité s’accompagne de la lyre, les noms du présent et du passé se mêlent et je situe mal la frontière entre le name-dropping et l’intertextualité, on emmène l’autre dans la captivité de son écriture parce qu’on l’aime : on joue infiniment, et c’est, je crois, d’une authenticité infinie. Je pourrais difficilement, avec mes moyens, mon regard, mon cerveau, mon corps, être plus juste.
Le pied, l’expression est aussi délavée que les polaroids.
"The camera demands that its possessor (or he possessed by it) constantly shoot photographs, constantly produce redundant pictures. This photographic mania — of the eternally reproduced, of the repetition of sameness (or of similarity) — reaches a point where the snap-shooter feels blind if deprived of his camera: drug addiction. The snapshooter can no longer see the world unless he looks at it through a camera and through the categories of the camera program. He no longer transcends the camera, but is devoured by its greedy function. He becomes the camera's extended automatic shutter release. His behavior is an automatic function of the camera itself."
Vilém Flusser, Towards a Philosophy of Photography (texte intégral traduit en anglais)
"L'appareil photo exige de son propriétaire (de celui qui est possédé par lui) qu'il prenne sans cesse des clichés, qu'il produise des images de plus en plus redondantes. Cette photomanie de l'éternel retour du même (ou du très semblable) finit par aller si loin que sans son appareil, le photographe amateur se sent aveugle: c'est l'accoutumance toxicomaniaque qui commence. Alors, le photographe amateur ne peut plus considérer le monde qu'à travers son appareil et selon les catégories de la photographie. Loin de se sentir "au-dessus" de l'acte de photographier, il est dévoré par l'avidité de son appareil; il est devenu le prolongement du déclenchement automatique de son appareil. Son comportement ne fait plus qu'un avec le fonctionnement automatique de l'appareil photo."
Vilém Flusser, Pour une philosophie de la photographie (1993)
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mardi, 04 août 2009
Pom
Une Petite œuvre multimédia, appelée aussi Petit objet multimédia (POM) est un montage vidéo qui associe photographe, réalisateur, créateur sonore et illustrateur. Il s'agit d'un concept récent. Selon ses promoteurs, la POM "anime l'image fixe, lui apporte une troisième dimension et permet une approche directe, sensitive et ludique du sujet" et constitue une "passerelle entre information et création".
Source: Wikipédia
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vendredi, 31 juillet 2009
Que c'est triste (bordel) ou l'amoureux
Cliquer sur "ouvrir", puis "lecture seule". Le diaporama défile automatiquement.
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© Pierre Courcelle
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