samedi, 10 octobre 2009
Saisir ce qui ne cesse de se transformer
MA - Vous privilégiez la figure humaine sur les paysages?
FB - Oui, mais cela me semble normal. En tant qu'être humain, je me sens plus concerné par la représentation de l'humain.
MA - Et dans la figure humaine, particulièrement l'autoportrait?
FB - Non, pas particulièrement. J'ai fait beaucoup de portraits d'amis. Il faut que je les connaisse bien, que j'aie pu longuement les observer.
MA - Mais vous avez réalisé beaucoup d'autoportraits à une époque?
FB - A un moment donné, lorsque je ne pouvais plus trouver d'autres modèles, je me suis peint, mais c'était faute de mieux, pas parce que je trouvais cela plus intéressant en soi.
MA - Il y a néanmoins une tradition prestigieuse de l'autoportrait en peinture?
FB - Oui, en effet.
MA - Et l'autoportrait ne vous semble pas comme l'essence même de la peinture figurative?
FB - Non, je ne pense pas; c'est un modèle comme un autre. L'important, c'est toujours de parvenir à saisir ce qui ne cesse de se transformer, et le problème est le même, que ce soit pour un autoportrait ou pour le portrait de quelqu'un d'autre.
Francis Bacon, Entretiens avec Michel Archimbaud, Folio Essais
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