mardi, 07 février 2012
"La sexualité masculine est une antiquité récalcitrante qu'il convient de liquider"
Le rôti de porc à l’italienne puis la tarte au citron vert,
la voix de Renée Lebas en fin de soirée,
"Où es-tu mon amour, depuis tant et tant de jours",
Les amants de vingt ans prenaient congé,
les gants élégants de Pascal achetés Place de La Madeleine,
phrases d’une autre époque sonnant comme le souvenir d’émotions idiotes,
— "le silence de l’absence semble lourd" —
Pascal avait essayé une vaste cape retrouvée dans une armoire,
il l’emporterait à Venise pour le Carnaval,
et dans les rues minérales,
de palais en palais,
elle couvrirait le costume
qu'on lui confectionne à fils d'or…
"Le temps passe, le temps court,
et mon âme te réclame nuit et jour."
Robert n’avait pas de gants élégants fourrés de fourrure de lapin,
enfilait, malcommodes, des pantalons coupe-vent,
superposait les couches de laine et les écharpes,
traverserait Paris en scooter,
la cape pascale en boule dans le top-case…
L’endemain,
avec cette manie que j’ai,
— ou est-ce une impression stupide —
de recommencer toujours à zéro,
je me procurai Qu’est qu’une chose? de Martin Heidegger
et, sortant de La Hune,
la question qui m'obsédait, c'était:
"Pourquoi y a-t-il quelque chose plutôt que rien?"
"Amours perdues, amours disparues, je vous cherche le long des rues…"
Puis je soulignais, parmi les conversations de Muray:
"ces bourreaux barbouilleurs de lois" (citant Chénier),
le "bruit qui veut la mort",
le "plouc émissaire",
sirotant au Starbucks Odéon mon Venti Mocha Blanc.
"Amours passées, amours effacées, pourquoi donc m’être apparues…"
— Demain soir j'irai voir, et je m'en réjouis,
ces tableaux de Wladimir de Terlikowski...
En attendant, cette nuit, maintenant, je vais tenter d'écouter plus attentivement qu'hier une émission sur la matière noire.
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