jeudi, 26 août 2010

Poème de la TS

100826.jpg

mardi, 17 août 2010

Ma conscience noire, mon amour écarlate

Je fréquente ma conscience noire dans un sonnet millimétré, j'invente mes déboires, je racle mon sous-sol:

Mon amour écarlate étreint toutes les peaux,
il s'endort au levant et se lève au couchant,
il rumine en son âme et plus vierge se drape
d'hypothèses sacrées où la vie s'amoncelle.

En la foule alarmée passant de vaines heures,
il étiole les peurs et navigue sa course;
les lueurs de la nuit ne lui sont pas plus douces
qu'un poème alangui de mots alambiqués.

Les choses nécessaires lui sont peu de chose,
il se trouble soudain qu'on lui lèche le pied
— il recherche la paix et l'antique sagesse:

Il est comme un idiot suspendu au désert,
ses lèvres desséchées articulent la soif,
et son ombre divague où décide le vent.

Joachim Delorme, Panique poésie

mercredi, 13 janvier 2010

Inventaire des corps

Qu'est-ce qui saoulera,

quels décombres et traces de pas,

quelles paraboles irracontables,

plus belles que semelles de vent?

 

Juste, plus juste que notre dérive

ivoirée, la démarche régressive

- provocatoirement assemblés,

un coup d'épée dans l'eau

 

usée des amours du jour d'avant -,

miroir éphébique comme glisse au levant

le corps chaud et gourd, à l'effort

 

du jour nouveau: fougères d'odeurs

en bordure de mémoire se déroulent

et dessinent l'exact tracé d'une faillite.

mercredi, 07 octobre 2009

Errance

Encadrer
le désert
sur un mur
de cuisine

à l'écho
des paroles
quotidiennes
et d'amour

c'est le peu
qu'il me reste
à tracer

au cahier
boursouflé
de mon coeur


Tant faible au
moment or-
dinaire et
que la peur

homme trans-
pirant ou
quelque angoisse
naturelle

t'oublie sous
le ventre as-
séché les

replis d'être
la conscience
gondolée


Humeur sombre
comme ivresse
accrue par
amnésie

ignorant
le décor
paysage
de bitume

c'est la pluie
ô demain
élevant

l'homme dé-
composé
et sa joie


L'oublieux
égaré
tant se noie
et se meut

au milieu
de la rue
que ne veut
plus l'aimé

insouciant
désormais
apparaître

en son rêve
opaque et
disloqué


Le passage
simplement
piéton et
les pas ca-

dencés d'une
jeune fille
aux grands yeux
argentiques

un salut
amoureux
et puis elle

passe comme
la nuit com-
mencerait

Joachim Delorme, Panique poésie

Texte au format PDF: 091007errance.pdf

lundi, 17 août 2009

Je voudrais aller voir...

Je voudrais aller voir où sont cachés les dieux,
les puissantes douleurs et les mains sectionnées,
les drapés de langueur autour des statues - car
aucune légende ne s'épuise vraiment;

prendre dix fois l'avion et rencontrer le monde
dans les aéroports, au vacarme des langues,
parcourir lentement les canaux séculaires
et voir les villes d'eau et les bijoux de verre.

Mais malheureusement, je reste rivé à
ma triste capitale aux touristes en short,
aux dimanches trop chauds pour l'esprit engourdi:

les nuits illuminées de lumières factices
me soufflent le regret de n'être pas un autre
- alors je mets un short et je fais des sonnets.

Joachim Delorme, Panique poésie (2007)