mardi, 15 septembre 2009

Désirer, sidérer (poème désirant et fatigué)

Comment le chemin, la lecture ou le passage
à recommencer, abattre toute cloison,
et le soir, de fatigue sur un canapé
épier le decrescendo des conversations
comme se trouble la vue à la fente des
paupières lourdes...

puis à l'écran rallumé quelque nouveau trouble
en équation de recherche, quelque requête
nouvelle où se lisent les solubles nouvelles
du monde...

je voudrais une plus liquide connexion
entre ma matière chaude pleine de dire,
musique, désir, et...

(nouvelle mémoire...
nouveaux pédagogues...

nouvelle police.)

Retiré les "mots": "les étranges mots du / monde..." sont devenus "les solubles nouvelles / du monde..." C'est mieux pour le sens et la liquidité du texte, et "nouvelle" ouvre et clôt l'alexandrin, c'est mieux aussi. "Ma matière chaude pleine de mots, / de musique, d'amour, et..." est maintenant "pleine de dire, / musique, désir, et..."

Peut-être déjà assez modifié le texte. Peut-être encore changer les vers 5 et 6: "comme se trouble le regard à la fenêtre / des paupières lourdes..." Ou: "comme se trouble le regard à la fenêtre, / les paupières lourdes... (ne pas métaphoriser, tout au moins, rendre possible la métaphore mais ne pas l'imposer).

Le titre: "Désirer, sidérer", les anagrammes. Il y a aussi "résider", dont je n'ai rien fait explicitement, mais qui plane là. Pour une fois, le Trésor de la langue française n'est pas disert, l'article "sidérer" est court: surprendre profondément, frapper quelqu'un d'une stupeur soudaine, "anéantir subitement les forces vitales de quelqu'un" (Valéry, Correspondance). L'article "sidération" m'éclaire davantage: influence des astres, suspension brusque des fonctions vitales, et ces plantes sidérales... Surtout, la citation d'Alector, qui me projette douze ans en arrière dans ma maîtrise de lettres. (Et c'est sidérant comme je trouve si facilement le texte sur internet, alors que c'était un objet rare et presque inaccessible au XXe siècle.)

SIDÉRATION, subst. fém.
A.  ASTROL.
Influence subite exercée par un astre sur le comportement d'une personne, sur sa vie, sur sa santé. (Dict. XIXe et XXe s.).
B.  MÉD. "Suspension brusque des fonctions vitales (respiration et circulation) par électrocution, action de la foudre, embolie, hémorragie cérébrale, etc." (MAN.-MAN. Méd. 1980).
C.  AGRIC. "Fumure par enfouissement dans le sol de fourrages verts, en particulier de légumineuses, appelées plantes sidérales, car elles ont la propriété de prélever, grâce au soleil, l'azote de l'air, et de le fixer sur leurs racines" (FÉN. 1970).
Étymol. et Hist. 1. 1549 "nécrose, gangrène" (TAGAULT, Inst. chir., p. 603 ds GDF. Compl.); 2. 1560 "influence attribuée à un astre sur la vie ou la santé d'une personne" (B. ANEAU, Alector, f o 58, ibid.); 3. 1611 "maladie attribuée à l'influence des astres" (COTGR.); 4. 1759 méd. (RICH. d'apr. FEW t. 11, p. 593a); 5. 1890 agric. (Lar. 19e Suppl.). Empr. au lat. sideratio "action funeste des astres; insolation", dér. de siderari (v. sidéré).

Source: Le Trésor de la langue française informatisé