dimanche, 09 août 2009
Dimanche après-midi, exactitude de l'amour
Rue Brisemiche à la terrasse du Paris Beaubourg je bois un verre de Chardonnay et recopie avec application les quatrains que je viens d'écrire en visionnant Moonblood de Bill Viola, suppression d'une idiote métaphore, éviter les métaphores, les "formes religieuses" deviennent "estompées", "des pays s'y reflètent": "s'y renversent", images renversées": "religieuses". Je voudrais "pieux", par exemple "panorama pieux", ou alors "reflets religieux", avec une diérèse, comme "dévoti-on".
(Plus tard je comprenais le lien entre mon poème et les autoportraits de Gabriella, que j'avais compulsivement enregistrés, cent photographies pour commencer, le rythme que je cherchais, séquences de huit, deux fois quatre, et mon poème, quatre fois quatre, deux fois huit, une femme, un blason.)
Devant la fontaine Stravinsky un Black dansait sur des chansons de Michael Jackson, son public déjà dispersé. Au Centre Pompidou il y avait le joli blond dont je scrutais les traits et l'arrondi du crâne hier soir, cette nuit. Yves-Noël dansait et je me sentais amoureux, Lucien parlait avec un Espagnol qu'il nous présenta au moment où nous partions.
L'après-midi fut suspendu au soleil d'août, à l'amour qu'on rêve encore et soudain j'étais seul, Yves-Noël parti rejoindre son amour de l'été dernier aux Buttes-Chaumont, Lucien disparu, et les déchets encombrant ma terrasse, je les ramassais: bouteilles en plastique, bris de verre, lingettes, cotons démaquillants, mégots, petites briques de jus de fruit, bâtons de glace, mouchoirs en papier devenus flocons irréguliers accrochés aux dalles de béton.
(Hier après-midi, non loin de là, je sortais mon cahier bleu de mon sac pour donner une feuille blanche au petit Valérian, il voulait dessiner. Je montrais aussi à Veronika le contrat qu'Yves-Noël avait rédigé quand nous préparions Venus & Adonis:
Contrat
entre
Le Dispariteur
et
Le joueur de flûte
Article unique
Le Dispariteur et le joueur de flûte se vouent un amour de trente années à compter du 27 novembre 2008.)
samedi, 07 mars 2009
Pour mémoire
Mercredi soir j'accompagne Renato à la gare du Nord. Il prend le dernier train, celui de vingt-trois heures. Ensuite je dîne avec Yves-Noël et des amis avec qui il a assisté au défilé de Martine Sitbon.
Jeudi midi j'ai rendez-vous avec Veronika, qui passe une semaine à Paris avec sa fille Adèle. Elles m'attendent dans un café tandis que ma réunion se prolonge dans la tension et les cris. Elles s'en vont au bout d'une heure, l'attente est trop longue. Veronika m'envoie un sms: "Putain de lapin".
Jeudi soir je rejoins Yves-Noël chez lui après son cours de danse. Nous nous levons tard dans le soleil du matin, Yves-Noël me sert plusieurs verres de jus de mangue frais.
Vendredi midi je rejoins Veronika et Adèle au Mucha. Nous déjeunons, Adèle fait des acrobaties, se cogne souvent la tête sur la table, pleure, crie, verse du sel dans les verres, hurle quand sa maman disparaît pour aller aux toilettes, une dame près de moi se lève, sa chaise tombe et me brise la cheville droite, exaspération palpable dans les regards autour de moi, et Veronika revient en s'excusant publiquement.
Vendredi soir je retrouve Angelina à Montparnasse, qui m'offre des livres, poésies et récits. Je fus son professeur il y a presque dix ans (elle résista quelque temps à mes cours, en début d'année, bras croisés tandis que j'expliquais un extrait de La Princesse de Clèves). Je n'ai pas beaucoup de temps parce que je dois rejoindre Yves-Noël à Gennevilliers, mais nous restons immobiles sur l'interminable tapis roulant de la station Montparnasse-Bienvenuë, où Angelina parle avec passion de Fabrice Luchini. Au théâtre de Gennevilliers, Yves-Noël m'attend avec Thomas, que je ne connaissais que par son blog. Nous voyons Loin... de Rachid Ouramdane, qui propose à Yves-Noël de travailler avec lui. Tout le monde dit à Yves-Noël qu'il reste des paillettes dans le théâtre, les paillettes d'Yves-Noël, qu'il a utilisées dans un spectacle l'année dernière, on n'arrive pas à les faire disparaître, il en revient toujours, il en tombe du ciel, il s'en décolle des peintures écaillées, il en miroite dans les lumières d'autres spectacles. Yves-Noël siffle un verre de vodka tandis que Kate s'anime, les yeux, le violet sous la peau, la silhouette qu'on a du mal à croire, les talons en plastique.
Aujourd'hui nous nous levons tard, amour, photos, café, fessée, "ton sperme a un goût de sel", "sans doute tu avais encore le goût du sucre dans la bouche, le petit-déjeuner". Les lèvres peintes de Renato sur Facebook, il intitule ses photos Vernissage.

Yves-Noël va chercher Felix à la gare de l'Est. Dans la semaine, il m'avait dit: "c'est un peu mon Renato".
(Je ne sais pas quoi faire de ce mot, que je trouve par hasard sur internet, genodyssée, les rêves de voyage, les îles, un jour, et le voyage des mots.)
Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : littérature, écriture, poésie, journal intime, yves-noël genod, renato, angelina, kate, thomas, veronika |
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